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vendredi 31 décembre 2021

Troisième mère

 

Cinq jours déjà... Encore des frissons. Le syndrome de l'innocent qui vient de croiser le fantôme de Dracula. A Casa, Vélizy ou Milan. Une même angoisse phénoménale persiste. L'image infernale imprime sur ma rétine son trauma, son cristal suspirien, laisse mes yeux sur le carreau, chauffe mes sangs à la façon du chat ou de quatre oiseaux maléfiques qui vous dévisagent depuis les ténèbres d'un Giallo. Peu importe... Hitchcock, Stendhal peuvent toujours courir vers l'opéra, espérer, dans la queue, s'interroger "Quelle mouche l'a donc piqué ? Rien ni personne à mes yeux n'arrive à la cheville de Dario qui fut, allez comprendre, est, sera toujours une troisième mère pour moi. 

 

jeudi 30 décembre 2021

Léon le Pêcheur

A la Concha, c'est Léon le Pêcheur,

Pas le roi Léon, le Papy, lui, n'a qu'un oeil

Mais croyez-moi il y voit clair le Léo 

Il est pilote, chasseur émérite

Cuisinier, pêcheur, bouliste authentique

Aimant la ponctualité, il sait aussi chanter 

Mais à table, il ne lui manque pas un boulon,

Que je devienne aveugle sur le champ

Si je ne dis pas la vérité.

Et quoi qu'il ait fait de mal,

Quand il dit blanc c'est blanc

Quand il dit noir c'est noir

Il vient comme il est, sans détour, d'un bloc.

Tendre brute à l'intérieur comme le coeur de ses frites !

Personne n'a fait ou ne fera des frites comme les siennes.

Il y faut de l'amour, de l'ail et point d'amidon

Maintenant, il est pressé de partir comme une abeille

Chaque soir, il se rêve le départ en bolide, comme un canon

Mais chaque matin, le voilà qui se réveille, prisonnier :

Incroyable, inimaginable, impensable.

Attention, tout ce que je dis là c'est officiel !


mercredi 29 décembre 2021

Ode à l'Adour (par Nahia et Léana)


J'irai jusqu'à Bayonne, en revenant d'Urt

Sous un ciel de traîne vermeil.

Je mangerai une glace au yaourt,

Des cerises noires et le soleil 

Débarrassé de ses encombrants nuages.

La grande roue dominera tes flots 

Et comme le Roi Léon, ce vieux sage,

Je longerai la Nive et marcherai sur ton eau

Mais ne sentirai rien jusqu'à Anglet

Que des picotements sous mes ailes,

Tenaillé par une faim de Talo, de Txuleta,

D'une chambre, d'un peu d'amour et de sel.

dimanche 19 décembre 2021

Le Rosebud de Steven

       

On a pris ça dans les dents, ma mère et moi, l'effet d'un bon gros crochet, puis le mal de crâne qui ne m'a jamais quitté. Toujours là. C’était en 1941, Papa s'est volatilisé comme un espion après le duel de trop, « Arrête-moi si tu peux » fut son dernier mot, Testament de l'extraterrestre regagnant sans prévenir sa quatrième dimension. Depuis je veux retrouver ce monde perdu, paradis géant, « sugarland » à la couleur pourpre ! Je suis Ryan Lincoln Schindler Jones l’aventurier, le soldat, le capitaine, le « player 1 » prêt à tout pour une nouvelle rencontre, sans esprit de revanche. Sur un pont la nuit, devant le Pentagone, dans un temple au coeur du West Side. Pour percer les secrets d'avant son maudit départ. Peu importe où, je veux que renaisse ce royaume de ses cendres, l'empire de mon soleil ! C’est là ma croisade, ma guerre des mondes, pas besoin de liste, ni de papier, ni de rapport minoritaire, ni d’intelligence artificielle, ni même de terminal. Le graal, le cristal, l’arche perdue, appelez ça comme vous voudrez, m’attend quelque part. A Munich, dans l'Indiana ou sous mes pieds comme chez HG Wells. Personne ne m'arrêtera, je suis le cheval fougueux, une licorne du troisième type, le "friendship trooper" lancé à toute vitesse comme l'Express de minuit. Je le trouverai et croyez-moi, je sauverai l’enfant Steven, fabulous man à venir !



mardi 14 décembre 2021

Le Club Video du vendredi soir : terre d'aventures !

Soyons maîtres de nos âmes

Mais à bord de quel vaisseau ?

Nous autres Vassaux du jour

Déjouons l'âpre piège

De la semaine inachevée

En rejouant par avance

Les arpèges de nos vies à sauver,

Pour tendre vers le dernier soir :

Rendez-nous notre Vendredi,

Son rendez-vous soyeux

Nous y renaissons affirmés, affamés,

Pour ré-entendre le fameux essor

Du clic-clac où patiemment attendris, calés,

Nous redevenons les patients du week-end

Pénétrons l'espace immense du Specimen

Qui peut enseigner l'envie

"Véni creator"

Où les créatures reprennent vie.

Sur un écran. J'en rêve et hop

Vous m'y verrez

M'y re-perdre éperdument

Moi perdreau tombé du nid

En quête de ma vie des hauts

Mon club privé, pour y mener l'enquête

Le vendredi soir. Mes nuits blanches

Y laisser son latin, ma religion,

Derrière la porte

Secrètement

Moi, secret amant

Ta chambre noire,

Nos rayons oubliés,

Pour m'y faire mon cinéma

Ô Ma Madonne

Le clic de ta bobine qui se termine

Le clac de ta lumière qui se rallume.

Y reviendrons-nous ?

dimanche 28 novembre 2021

Âme et ricochets (Soul & Skip Stones) N'arrête jamais ton cinéma (Never stop putting on the show)

Discovered in a Club

Disco was over

Any Video Club was my country

Called it "Montevideo"

Just might count to three

Right away closed my eyes

And listened carefully

Waiting under the higher tree  

For my shining hour

Being there, Watching, 

Awaking into my new life

Aware and Breathing like a Sherpa

Breath here, live and let love

The movie 

All of them

Movida

More vida

Moved here

From the South West

To the (b)right place

All ways, one way 

Wings are mine

Climbing in the wind

Since I am yours   

From film to film

Lost souls bravery

Migrating upstream

Like a Sharp-eyed salmon

Left in your ears

therefore my love

Beyond skies here am I

Calling you

Hearing your whispering hope...


jeudi 25 novembre 2021

J'ai rarement...


A Casa, le soir, une porte s'entrouvrait

Au confins du quartier Palmiers

Un courant d'air, pensai-je alors

"C'est Jules, Jules Berry qui nous rend visite"

murmurait-il dans un souffle.

L'or brûlant de sa voix,

Bonté divine de son regard

Car Gérard aimait

Par dessus tout

La gouaille et le rire

De Suhescun à Cocody

Gérard aimant

Son Euskal Herria

De Christopher Lee à Marcel Carné

J'ai rarement dit cela,

Décelant, retenant après tout

Le noir, l'intense

de ses yeux de Jais

"Rubis Man"

Facétieux, bon,

Et puis fidèle

Et même fiable

Il était tout cela

Mon beau chêne centenaire de Galharria

Sous lequel je m'abrite en pensée

Pour ressentir 

Tous ces "je t'aime"

Rassemblés en mêlée  

Dans un seul homme.

Car de l'amour, il reçut, trop peut-être :

Visité le soir de sa naissance

Comme le petit Jésus blessé

Se mourant dans sa crèche 

Geais tombé du nid, sauvé par maman

Gaga de ce portrait craché,

Emprisonnant malgré elle

Son enfant prodigue 

Dans le paradis artificiel 

De son regard maternel,

Gérard, projection d'Augustine

Mais dans quel but ?

Réussir pour elle ? Par procuration ?

Ne joue-t-on pas la réussite en solitaire

Ornée de pierres précieuses de Madagascar ?

Comment disais-tu pour finir ?

"Vous danserez sur moi

Le soir de mes funérailles..."

Comme tu avais raison 

"J'aurais aimé qu'on le respecte plus"

Cette phrase de ta petite fille aînée résonne.

Mais je te porte à présent, Papa,

Comme elles nous porteront,

Pour que bout à bout, nos vies ne soient

Qu'un seul et même feu d'artifices !



jeudi 18 novembre 2021

D'Ispoure à Vélizy

"Vélizy les flots bleus"

Qu'il disait Joe

Avec ironie

Avec affection

J'ose entendre

Sa jolie voix qui murmure

"Viens ici, venez tous"

C'est ce qu'il voudrait,

"T'es pas tout seul, Joe" tendrement

Qu'on a chantonné tous en coeur 

Dans ses murs accrochés au ciel

Comme une seule main tendue

Repoussant la forêt

Vers son observatoire.

Nous autres, famille pour un jour,

Equipiers de l'azur,

Chatoyions

Autant que nous pûmes

Chancelons

Autant que nous sommes

Couchés sous la poussière

De l'appartement

Incrustée partout

Comme le sucre à la tasse,

Ou l'ivresse à nos sommets,

Et l'on tousse

Et l'on se réchauffe

Au récits des exploits d'antan 

De ces temps immémoriaux  

Vilesi dit-on

Villa Escoublen peut-être

Urcines pour sûr

Coin de chasse des têtes couronnées

Où la flambée des hêtres

S'étalonne à la couleur

Du bois de l'automne

Au chant des pies secrètes,

Des perruches du lotissement,

Sonnant leur tocsin,

Nos fins de partie,

Terminator au coeur,

Catharsis des endeuillés ! 

Joe nous rassemble

Un peu malgré lui

Un peu malgré nous

D'Ispoure à Vélizy 

Dans son port d'attaches, 

Le fameux des flots bleus,

Repère pour le nuage égaré,

Un salon du 11ème étage, 

Ce 14 novembre 2021.


 



mercredi 10 novembre 2021

Orange Mécanique

La violence ? Consubstantielle à l'humanité

Notre civilisation n'est qu'un vernis sec

qui craque, saute à la moindre contrariété

Le film nous dit qu'à tout prendre, mieux vaut vivre avec

Que de chercher à bousculer l'ordre des choses

Sa démonstration est radicale, fait scandale,

Le dit mieux que personne : peu importe la dose

Le remède est à coup sûr pire que le mal.

L'emprise mentale est au centre du propos 

Preuve en est ce final d'une force inouïe,

Le beau de retour aux oreilles du héros

Réinstalle la violence du monde en lui.

L'on imagine à son sourire ensorcelé

Qu'elle sera à la démesure du temps

De "dénaturation" qu'il aura enduré :

Décuplée, irrépressible, un déferlement !


samedi 6 novembre 2021

Cinéfêlé


Agité par le tonnerre et son bruit de tambour,

Louis est assis, en pyjama, dans la pénombre,

Jambes croisées, main droite mollement posée

Sur la moquette jonchée d'assiettes sales 

Et de vêtements en boule. Traits tirés,

Sommeil envolé depuis 2 jours,

Il scrute vaguement par la fenêtre.

Les ténèbres zébrés de quelques éclairs

réveillent dans le lointain

Son inquiétude,

Ses espérances.


En face, l'immeuble, désaffecté, bientôt détruit,

Ne s'illumine qu'en un point cardinal, 

un carré de lumière, découpé sur la façade

semble projeter sa lumière chirurgicale

Sur le parking en contrebas.

L'oeil placé dans la lunette,

Louis scrute, cherche, fouille.

A travers l'objectif, une silhouette féminine

Va et vient dans un épais rideau de fumée.

Un homme est entré. Ils s'attirent, s'enlacent.

Louis croit les reconnaître. Changer de point de vue,

Il ouvre la porte-fenêtre du balcon,

Se place contre la rambarde,

est aux premières loges. Mais il ploie

Sous la pluie qui le gifle de plus belle.

Il se penche, il veut savoir, encore une contorsion,

Sur la pointe des pieds,

Le corps tout de travers.


Sur l'écran de télévision dans son dos,

Au milieu du petit salon, le mot FIN

Vient de s'imprimer sur la fameuse façade

de l'immeuble quelque décennies plus tôt.

Celui qu'épie Louis, depuis son poste de vigie.

C'était donc ici que fut tourné

Le film de sa vie, la séquence finale, THE climax,

qui le fit tant de fois se sentir vivant.

En regardant mourir cet immeuble, ce décor de cinéma, 

il espère probablement un miracle,

Pouvoir s'incruster à son tour,

Tout en douceur,

Sur la pellicule.


Louis a basculé. Lentement ses mains glissent le long

Des barreaux trempés du balcon. De sa prison.

Il évalue maintenant la distance le séparant du sol.

Un nouveau film vient de commencer.

Bientôt la foule massée autour d'un corps désarticulé

Et le cordon sanitaire dressé par les ambulanciers.

Non loin, les ombres du lotissement se faufileront 

Dans les tâches immobiles de lumière artificielle,

résonnant des gloussements d'enfants amusés,

Une école buissonnière improvisée, la vie qui reprend 

Quand la pluie et l'orage se seront arrêtés.

Quelques heures avant la destruction de l'immeuble.

Que le sacrifice de Louis

N'empêchera pas.







  

vendredi 22 octobre 2021

Lettre au Roi Pêcheur

Dans cette ville-monde où chacun oublie de lever la tête
Qui est donc cet illuminé que personne ne prend le temps de saluer ?
La notoriété serait un royaume, le conquérir une quête sans fin,
Ta réussite matérielle espérée, attendue, programmée.
Mais à la fin des fins, la seule reconnaissance à laquelle tu aspires
Par laquelle tu inspires, tu respires pleinement,
C'est le sourire bienveillant de celui
Dont tu as précipité la perte n'est-ce pas Jack ?   
"Jack ?
"Forgive me 
Prémonitoire la perspective de ton premier grand rôle
Qui t'incita à déclamer sur tous les tons
"Forgiiiiive me !
 Sans y mettre tout à fait la vibration juste
Le vécu, trop de fausses notes encore.
Toute ta vie Jack, tu as rêvé de quitter ta voix, de prendre corps,
Oubliant que plus tu épaississais ton trait, plus tu te diluais,
T'oubliais, te mentais à toi-même,
   Cherchant dans ton reflet une consistance,
une vérité que tu ne trouverais pas !
Tu es ce Pinocchio qui s'ignore,
ce pantin à la merci de mille désirs infantiles
Alors que tu dois éclore au monde
Comme celui que tu es toi
Et personne d'autre : Jack Lucas.
Un roi nu dans Central Park ou partout ailleurs.
Lorsqu'enfin, Trane emplit tes oreilles, ton âme pour finir,   
Tu peux rouvrir les yeux, adieu péché d'orgueil !
Adieu culpabilité, bonne conseillère,
Dans certaines extrémités, mère de grands destins.
Tu deviens responsable, tu t'effaces pour l'autre,  
Tu affines ton trait, prends en charge les rêves
Un peu fous de ce merveilleux clochebouille.
Votre histoire devient une même histoire.
Elle ouvre des horizons vierges, inexplorés,
sur le message essentiel du film, le seul qui vaille : 
La magie, le rêve, le conte, sont partout autour,
Ils ne dépendent que de nous.
Cette vulgaire coupe rouillée peut être le Graal
Si nos yeux et notre âme consentent à cette merveilleuses idée.
Se foutre à poil dans Central  Park
Ou aux Buttes Chaumont après la fermeture ?
Probablement l'expérience la plus exotique,
Le plus lointain voyage,
La plus folle aventure humaine qui soit dans ce contexte...
Pas besoin de traverser les océans, 
De s'envoler vers l'autre bout du monde, 
D'ambitionner d'en faire le tour pour être heureux,
Et non, bien sûr, tout est là, partout, à chaque instant,  
Il est là le bonheur depuis toujours, sous notre nez,
Ne le laissons pas passer !

dimanche 26 septembre 2021

Mon Epicéa




Apaisé sous l'épicéa

Sur mon séant

Appuyé sur Pause

Tout contre 

J'ai pesé les pour

J'ai posé mes larmes 

j'ai passé mon tour

Sapé pour l'hiver

Assis, groggy

Et pas si sûr

De le voir revenir

Le petit matin...

Je suis passoire à chagrin

A moudre est mon chakra 

Du coeur

De mon décor

Il m'écoeure ce monde

De sa moue de chat

Qui vous fait du gringue.

Regarde-moi

Regarde ici

Maintenant

Repasse donc

Sous mon épicéa

Où je nous attends



mardi 31 août 2021

A l'enfant intérieur

Dis, Fiston ! Méfie-t-en 

De Mefisto, de ses méfaits,

Ecoute, ressens-en les effets,

Du couteau, reçois du marteau l'affect,

Accuse le ressac, réfute aussi sec

Les maudites vérités dont on ne dit mot

Qui laissent nos corps érodés, nos âmes endettées.

Las des fées du faux, de leurs sornettes,

Sorcières falsifiant le vrai,

Refuse le déni, étouffe et comprime 

Leurs avarices sur tes legs,

Causes de nos stagnantes lancinations.

vendredi 27 août 2021

Petit éloge du délestage

"T occupes !" C'est mêle-toi de ce qui te regarde... Ne sois pas trop curieux.

"Qu'est-ce que tu veux, faut bien s'occuper..." Faut bien passer le temps. Sous entendu, faut trouver les moyens de faire diversion, d'éluder, de ne pas regarder le réel en face, son mystère, notre finitude. De ne pas se montrer trop... Curieux. Tiens, tiens

"Comment occuper les enfants ?" Il est donc ici question d'occulter. D'occulter l'inertie. L'oisiveté. Mais c'est remplacer quelque chose pour mieux masquer son absence.

S'occuper. Se couper (de). Coupant. Coupure. Délestage. Se délester. 

Mais les termes "occupé" ou "occupation" évoquent aussi l'Histoire ou certains lieux publics (la privatisation d'un espace disponible, commun). Tout alors est éminemment oculaire. Voir un message sur une porte, subir la présence des Allemands sur son territoire. Occuper un territoire. avec un intérêt. Forcément privé. Un territoire comme une propriété avec ses limites. Démarche cupide, tranchante, qui coupe de... Qui encombre l'espace disponible.

Oculaire.  L'Occupation. Cupide

"Il est occupé là... Ne le dérangez pas. C'est occupé ! La ligne est occupée..." L'occupation devient paradoxalement diversion par rapport à la normalité, distorsion du réel. Ce que serait le loisir, la recherche du bonheur, ce que serait le congé payé par rapport à la souffrance du travail. Une gigantesque manoeuvre (un biais, un truchement) pour faire l'autruche. Pour s'encombrer l'esprit. L'ombrager.

Autruche. Tricher. Truchement. Etreinte. 

L'Autruche ausculte, triche, écope méticuleusement le sable pour dégager son trou. Pour mieux s'y enterrer. On amasse dans un trou. On y gagne en gravité. Enfant, une personne suffit à porter ton cercueil, Au troisième ou quatrième âge, il y faut parfois l'étreinte de 6 personnes, l'attroupement de 12 bras. Pour mieux s'éteindre.    

Ausculter. Ecoper. Occuper. Copeaux

Est-ce que le salut ne viendrait pas de la disponibilité de tous les instants à soi, aux copeaux de soi-même (pour mieux les rassembler), au moment présent, aux autres ?

Une philosophie de la désoccupation, du désencombrement, du délestage, à fonder ou peut-être, qui sait, déjà à l'oeuvre ?

mardi 17 août 2021

Seven. Soleil trompeur

 


(S)heaven et son soleil trompeur
Quel épilogue ! Si j’avais su…   
Jamais très loin de Blade Runner,
Sa chute et ses lumières crues


Mais il n'y a pas de hasard 

Tout était là, livré d'emblée :

La ville un pluvieux purgatoire

Et l’enfer déjà familier.

 

John Doe est tueur à ses heures 

Mourir lui importe si peu

Or qu’est-ce qui lui tient à coeur ?

Corrompre l’âme du vertueux !

  

Hydre noire achevant sa mue,

Il veut honorer son serment

Et tend LE piège, du jamais vu :    

Un colis de chair et de sang

 

Distinguons toujours les effets

De la cause. Dans Seven, la thèse

S'attache bien moins au péché

Qu'à sa lecture, son exégèse !

 

Doutons des écrits : l'ennemi

N'est pas le fautif, l'égaré 

Mais l'interprète qui punit :

Satanés apprentis sorciers !


lundi 16 août 2021

Ma Sue à San Sé !

Monde insensé

Mon dessein ?

Emondeur

De ses seins

Sucrés

Dessinés

A la craie

S'ancrer

En Sue

C'est sacré

Ses secrets

Echancrés

Sans soupçons

Ni suçons

Ni sangsues

Ensuquée

Sous ses airs 

sans soucis

S'emmêler

Cent façons

Expirons

Sous la croix

Me crois-tu Sue ?

C'est complexe

D'expliquer

Sans expier

Sans Ceinture

Ni Censure

Ô Ceint homme

Ô Centaure

Nos Saints interdits

Qui s'en doute ?

Sans foi

Un des sens

Les seins de Sue

Dessiner dessus

Descendre dessous

Sue s'envoie

Sue s'enfile

Sue sursoit

C'est tout Sue

A double sens

Bon, unique

S'aiguiser

S'aguicher

Sans Guinées

Sanguine

Sans gâcher

S'engager

S'enlacer

Au lasso

Se lasser ?

Sue c'est tout

Mais Sue s'est tue

A San Sé



jeudi 12 août 2021

Misery. Rising Phoenix

 

Alfred Hitchcock aurait chéri

Ce huis-clos, duel infernal

Confrontant idole et groupie :

Ca finit mal en général...

 

Misery c'est un peu Shining

Un écrivain, ce lieu perdu,

Le froid et l'horreur. Stephen King

convoque son propre vécu.


Annie incarne l'addiction

De Paul Sheldon ou Jack Torrance   

Replongeant, cédant au poison

De leurs coupables dépendances.


Il a le teint cireux James Caan.

Son regard vide, ses lèvres molles

Sont le propre du dipsomane

A son plus haut degré d'alcool

 

Dans l'intimité du foyer, 

L'injonction de la muse est sans

Équivoque : l'auteur est sommé

De n'y pas gâcher son talent.


Bien plus qu'un thriller abouti

L'oeuvre se fait donc testament

d'un alcoolique repenti.

On sait le Phénix résilient.

mercredi 11 août 2021

Blade Runner. Cantique de la mauvaise herbe

 


L'univers de Phlip K Dick
Est reconnaissable entre mille.
Y paissent moutons électriques,
Quelques réplicants indociles
Dont l’humanité vous désarme,
Mais saluons le traitement :
Né d'un impact, de son vacarme,
Blade Runner est l'hybride enfant
De la SF et du film noir,
Un retro-futurisme qui
Sécrète son divin nectar !
Dans la mégapole avilie
Un détective privé traîne
Son spleen, sa mauvaise conscience,
Sa parano, autant de chaînes
Nouées de troubles apparences,
Où femmes fatales et brunes,
Parfois blondes mènent la danse 
Jusqu’au climax, quand la rancune
Se fait pardon ou pénitence !
Et voilà le plus vivifiant
On y trouve du Jim Thompson
Du Raymond Chandler, cependant
Le film surprend quand l'heure sonne
De l'épilogue tout en haut
D’une tour chatouillant les cieux
Avec l’extinction d’un robot
Habité, ému, amoureux
De la beauté du monde et qui
Dans un dernier geste fragile
De compassion, d'empathie,
Fait le deuil de son bref exil

Parmi les hommes et devient 

Cet être à l'aura de lumière.

Rick Deckard, lui, demeure éteint,

Agi, étranger aux mystères

De l'âme, corrompu, décadent,     

Oublieux du métal précieux

Dont il est fait mais qui pourtant

Survivra, boudé par les Dieux !

Mauvaise herbe l'humanité

qui résiste à tout, avec morgue

Quand l'être pur est condamné,

périssable. Fabuleux point d'orgue.


 

mardi 10 août 2021

Le bon, la brute et le truand ou le fils préféré !

 


Pour honorer le père
Sortir d'un même ventre
Aller au cimetière
S'avancer jusqu'au centre
D'une homérique arène
Faire un voyage au bout
Des lunes Leoniènes
Et saisir tout à coup
Qu'au-delà du western
Tout ici est choral
Eclairant nos lanternes
Sur le lien familial :
Trois frères ennemis
Sont contraints et forcés
A l'ultime défi
Lors d'une âpre veillée
Pour capter l'héritage.
Que faut-il en déduire ? 
Tout revient au plus sage,
Au préféré qui tire
Son épingle du jeu !
Limpide métaphore :
Abel et les envieux,
leurs fâcheries à mort.





 

 

samedi 7 août 2021

La mélodie du malheur


Oublieux nous autres qui tentions le diable ?

Dans les années futures, ces fourbes insouciances

Pourraient trahir ou pire, tuer notre confiance

La faute à ces excès aux écueils redoutables  


J'attends patiemment qu'advienne le réveil.

A mes abus déments qui chercheraient querelle :

"Je suis fin prêt, ferai front, face à vos séquelles

Dites-lui à la bombe en retard qui sommeille"


De l'anonyme célébrité du malheur

Dont l'horreur se dessine sous la morgue hautaine,

Lorsqu'il pousse, habile, son ricanement de hyène,

Nul ne prétendra connaître le jour ni l'heure !


Son rictus, des profondeurs abyssales, chemine

En feu d'artifices. Ses bulles d'air vicié

Ayant un sens aigu de la communauté,

Se mêlent au soupir de la brise marine.


Elles me chatouillent alors la voûte plantaire

Et sur moi referment un piège subtil.

Lorsqu'elles éclatent à la surface immobile

D'abord inoffensives puis par trop carnassières,


Mes poumons n'en finissent plus de s'embraser !

Car hélas il est trop tard, d'un air goguenard

Les charognards déjà poussent mon corbillard

C'est alors que je finis par réaliser.

Chère(s) muse(s)

Mes chères muses

Charmeuses, occultes,

Qui persifliez le soir venu,

M'avez-vous laissé choir

Vous amusant à filer en douce ? 

Comme envoûtées, indociles ! 

Me voilà nu, orphelin du culte,

Imbécile, sur ma faim.

Sans doute en vain redoutai-je

Cette fin en dents de scie,

Car enfin je sentis la déveine

M'élancer, me tancer...

Mais pourvu qu'elle vienne

Et m'ôte le goût de vivre

Ivre que je fus d'envie

Ivre que je suis de vous.

vendredi 6 août 2021

Le rap du mange mil


Lorsqu'au volant, je chauffe dans la noirceur

que je vois débouler ma toute dernière heure

La simple idée de mourir dans les cheveux noirs

Me donne la frousse, me file des cauchemars

Alors que sur le chemin de l'essencerie

Je combats la léthargie avec inertie

je sens mes paupières lourdes cogner des clous

Je n'ai alors plus les yeux en face des trous


Apparaît le mange-mil torchant ses reproches

Qui voudrait en finir avec ses maux de poche

Assoiffé du moindre petit blessé de guerre

De ces menus billets froissés qui camembèrent

Qui sentent le pied, exhalent une odeur forte

A faire tomber les peaux et les feuilles mortes.

Quand j'ai voulu virguler, il était trop tard,

J'étais à sa merci, pris à son traquenard.


Je vais me faire chicoter dans la rue des tournedos

Ce quartier où l'on tourne à l'avenue le dos

Quand chacun y vient chercher pitance le midi

Pour manger un poulet braisé pile-pili

Sa lampe inspecte mon "au revoir la France"

La bonne occasion arrivée par transhumance

J'attends le bon moment pour demander la route

Mais sa voix éclate, c'est tout ce que je redoute !


Je comprends à sa réflexion, "Y en a pour toi"

Que c'est une femme, et qu'elle s'enjaille de moi

Elle me voit déjà comme un deuxième bureau

Restons calme, ne pas monter sur mes grands chevaux

Elle me glisse son contact d'un geste discret

C'est bien ma veine, je n'aurai pas à faroter

Je motamote en réponse que "tout est vieux"   

Pour gagner du temps autant que faire se peut


Puis je lui dis la vérité, je suis moisi

Je suis foiré, j'ai le portefeuille rassis,

Pas le genre dribbleur, je suis quelqu'un d'honnête,

Si elle veut que je lui mouille la barbe c'est niet.

"Un billet de cinq francs ne cherche pas son frère"

Est la devise des nés face de cuillère

C'est pour que cela que je fréquente assidument

Mais elle reste interdite à mes arguments.


Je passe donc à l'offensive, séduis la dame

Et pour avoir la paix lui déclare ma flamme

"A brusquement, je serai chez vous dans une heure"

Elle répond émue que ça lui sucre le coeur.

Plus de doute. Elle tombe pour moi sans glisser

Mais je me vois mal partir dans quelques années

A la recherche d'une ou deux balles perdues

"On est ensemble" la chose est pour elle entendue


Elle a l'air tout à sa joie quand enfin je repars

De nous retrouver comme deux larrons en foire

Les yeux toujours rivés sur le rétroviseur

Je fouille patate avec un ziboulateur.

Elle aura été victime d'un coup d'Etat

je ne suis pas inquiet, elle rebondira

A mes enfants, ce sera le conte inventé

Pour les précipiter dans les bras de Morphée.  


dimanche 18 juillet 2021

Ardente épouvante

Qu'en dirait Dario ?

Qu'il épousa l'aventure

Afin d'éprouver l'idée

Qu'on peut assurément

Refuser le joug du ventre,

Refuge aisé de la bien-pensance.

On peut aimer de l'avant

Disséquer le mal avec allant

Pousser le bien au-delà,

Enseigner les joies de l'épouvante,

Vanter le ciné bis, celui "qui saigne"

Mais celui qui soigne

Sans jamais éventer ses petits secrets,

La magie d'un appétit nourri

D'épaves sacrément biscornues,

De mornes antres, de maisons hantées

Maintes fois narrées

Sous la lune montante

A l'heure des grandes marées.

La quête du plan ultime   

Où se concentre à l'éprouvette

Le cinéma défait, à l'index, maudit...

Et tout ce qu'il fait vibrer en nous de divin

Ce qu'il contient d éternité

Et qui hante nos nuits longtemps

après qu'un corbeau dévoreur de pupilles

se soit emparé de nos cerveaux

comme le cinéma de mon âme.

Ce n'est qu'un Merci.













 

lundi 5 juillet 2021

Doualeur. L'esprit de Galharria

J'en avais rêvé.

De sentir la moiteur, la saleté, la suie sur mes joues, d'avoir les yeux qui piquent et pleurent, enfumés par les vapeurs d'essence, le brouillard des échappements, assourdi par le vacarme des acouphènes stridents s'échappant des klaxons de motos Sanili comme empilées aux abords d'un carrefour où les règles sont définies par le plus aventureux.

De suer à l'arrière de ce taxi, d'y perdre les eaux du corps, écrasé de la chaleur du bord de mer, un horizon lourd et bouché par l'enchevêtrement des serpents noirs semblant monter la garde aux sommets des poteaux électriques fléchissant sous leur poids, saisi par l'odeur des dessous de la ville remontant à la faveur d'une averse brûlante et soudaine jusqu'à vos narines laissant imaginer le pire de ce qui se joue là dessous pendant que des nuées de bestioles s'abîment contre les ampoules des lampadaires et leurs lumières vacillantes n'éclairant la ville que par endroits, que par moments.

De manger le maïs et la prune, le poulet, la sole. Braisés oh. Les Bobolos et le piment, les soyas dans le kankan, Les ananas frais, la mangue, le plantain mûr. 

De retrouver la famille réunie pendant une saison des pluies pour une bonne raison dans la maison tranquille de Makepe, trop petite, mais qui résonne mieux ainsi des cris joyeux des enfants. La grande famille sachant célébrer les vrais moments de retrouvailles quand d'autres ailleurs se photographient seuls sur un ponton devant une eau turquoise le temps d'un congé payé pour "se remettre". Tout seul. Quelque part. Entre soi. Le temps d'une réparation.    

Où bat la vie ?

Où est le purgatoire ?

Mon père me racontait avant l'exode rural de la deuxième moitié du 20ème siècle comment ses plus belles vacances avaient été celles de chaque été à Galharria dans la ferme familiale près de Larceveau / Cibits avec tous les cousins et la famille du côté de sa maman.

Cet esprit vit toujours ailleurs.  

dimanche 20 juin 2021

La fatigue de mai 1991

De bonne heure

En ce matin morne

Je lorgne hors les murs

Par la meurtrière

Et je fais le borgne

En fixant l'horizon :

Un bonheur y chasserait l'autre.

La sombre forêt paraît-il m'écoute

puis me répond, se parant

Des échos de la nuit dernière.

Le fonds de l'air est frais

La lumière rasante

Le silence parfaitement enveloppant

Comme ce fameux jour,

Cette fameuse aube,

Trente ans plus tôt déjà.

La fatigue de mai 1991.


samedi 5 juin 2021

Depuis toi

Naître roi pour personne, en subir l'amer dédain

N'être rien d'autre pour soi que blessure sous seing privé  

S'assoupir sous le hêtre, soupirer près de l'âtre,

Bref s'oublier ! Enfin s'écrier "Et moi, et moi, et moi ?" 

En se pressant vers la source claire, en s'y penchant

Y prêcher l'amour propre, son émoi fantastique

Ma soif est d'or, qu'elle soit mon guide

Soyons fort, laissons choir nos digues 

Suis ton goût, ta foi hantée mais fuis l'égo

Ne t'endors pas près de ta laisse

Et refuse que le sommeil te gagne

Prédis que TON soleil t'élèvera

Sur les vastes chemins de Cocagne

Car cette lumière que tu devines,

Que tu pressens partout autour,

Dis-toi qu'elle éclaire depuis toi.


 

 

samedi 22 mai 2021

Jamie Lee

Tout commence un mois de décembre,  John est assassiné

Ou plutôt ce mois de mai qui vit la mort de Bob

Suivre ou précéder d'un cheveu l'avènement du François,

Les anglicismes pullulent, Thriller m'est témoin,

Pendant que Véronique ou Davina

nous apostrophent sur l'avènement

D'une époque où le corps devient doublement roi,

Coluche s'épanouit dans sa divine salopette

Mais au début de mes années 80 

Il y a d'abord une métamorphose

La rose se fait emmerdante 

Challenger explose

Un nuage s'est arrêté à nos frontières

Le fric est devenu Chic

Mais Yannick gagne Roland. 

Avec le 3615

La consommation joue déjà l'outrance, la débauche,

Le marché du travail vacille,

Le vendredi devient un refuge, le droit de répondre

A la semaine qui s'achève devant son poste. 

Le micro-ondes raccourcit la préparation mais

Ne soigne en rien ni les moments de partage ni votre santé.

Tout s'accélère. Le CD scande à tort

Ses promesses de Haute Fidélité,

La solitude de l'ordinateur personnel vient dissiper

La légèreté qu'avaient suscité l arrivée des premières consoles.  

Le disco se dissout un peu comme les murs à Berlin

Mais pas les Discothèques devenues Boîtes de nuit,

Comme les orchestres rebaptisés Groupes ! 

Mes années 80 C'est aussi l'injustice

d'un virus pour les amoureux ou d'un France-Allemagne

C'est des manifs et des pin's en forme de main    

C'est la marche en avant d'un océan de plastique

Celui fantastique de nos boîtiers de cassettes Video

Et leurs jaquettes Specimen

Qu'on se refile avec excitation sous le daim.

Leur odeur, leurs rayons de soleil.

La Boum bat alors son plein 

Comme le pourpre de la pluie   

Sous laquelle nous dansions le Slow.

Pour des langoureux Quarts d'heure Américains

Frankie vient de partir pour Hollywood

Un perfecto sur le dos

Et Daniel pour l'au-delà

Se faisant l'écho des déserts ou des Savanes

Au son consensuel de We are the World.

Mes années 80 bien sûr

C'est aussi le téléphone ombilical,

le répondeur en rectangle et sa mini cassette.

les rendez-vous pris chez soi pour après et nulle part ailleurs.

Là où se dévore pour le goûter 

Cobra alias Bebel dans ses apparats Rollerballiens 

Il est alors le chantre de la Coolitude

Et Goldorak, Spectroman, XOr, Sandokan, Sankukaï

Et consorts peuvent aller se rhabiller

Sauf mon Columbo bien aimé !

C'est aussi le secondaire et l'internat,

Une Arlésienne sur les planches

Et Stand by me en boucle everyday,

Mes années 80 c'est Harry rencontrant Sally

sur du velours bleu,

pour faciliter la digestion

De tout ce qui est venu avant,

des mensonges et du cinéma

Et des idoles en somme

Et donc de Jamie Lee naturellement,

Un soir d'Halloween, forcément.

Elle ne me quitte jamais.




samedi 15 mai 2021

Week end à Chanteloup les vignes


Elle court elle court la banlieue

De celles qu'on dit choc

Elle s'étire comme une onde

Se dilate, se disloque

 S'éloigne imperceptiblement

En s'extirpant de l'épicentre

Du noyau, vers le large,

Loin de ce ventre chaud

Pour se dénaturer au grand air

Carte postale d'un joli petit village

Chanteloup-les-Vignes et ses caves voûtées

Ses bourreliers, ses corps de ferme et son marché

Ses petits viticulteurs et leur étalage

Mais désormais tout autour c'est ville nouvelle

Constat sans appel, une Daisy Town

Et sa coupe au carré, métallique

Additionnant ses minorités visibles

Qui ne seraient là que pour rapiécer

le tissu économique

Sauver l'agglomération

Raccomoder l'activité

Retarder l'inexorable déclin

Ne pas précipiter la petite cité

Dans la désespérance et l'oubli

Mais comment fait-on prendre la greffe

D'une légion de déracinés

Sur une terre de vignobles ?

Comment ne pas aggraver

Une situation déjà compromise ?

Comment conjurer la disparition

De l'artisanat et des métiers de la vigne,

jadis poumons de cette belle contrée ?

Maïmouna s'y est installée récemment

Elle est venue sans papiers

Grâce à la pièce d'identité

d'une "exploitante" qui sous son nom

La fait travailler dans un grand hôtel

De la grouillante cité.

La passeuse reste chez elle, tranquillement,

Et encaisse le salaire de sa jeune pousse, force vive,

Esclave moderne qui accepte sa condition 

Et n'a encore jamais été

Depuis son installation s'aventurer

Dans le centre historique de la ville. 

Elle est là sans être là

Une confirmation pour la cité dortoire

Qui n'aura jamais si bien porté son nom

On y dort, pire, on n'y existe pas.  

Tout un paradoxe de cette nature

Qui ne dit plus son nom

Chanteloup moins les vignes

Enpêchée par les blocs de béton

Montés en kit, terroir fantôme

frappé d'aphasie qui semble chaque jour

Un peu plus loin de Paris

Aggravant un fossé devenu gouffre béant

malgré ce monde ramené disent les "experts"

Aux dimensions d'un village.

En regagnant Ahurti (Urt en Basque)

Les azalées centenaires sont en fleur

Les hortensias reviennent à la vie

Et le rododendron est rose de bonheur.

Les bougainvilliers ont bien résisté

Au grand froid de ces dernières semaines

Même les acacias, vénérables arbres à coton, 

Nous saluent de leurs petites fleurs blanches printanières.

Et me vient alors l'idée que notre village a bien fait

de ne pas s'appeler Ahurti-la-verdure

En prévision du jour tragique où les arbres

Ne seront plus que des espèces végétales imaginaires 

peuplant nos livres d'école. 

lundi 10 mai 2021

Sois moi

 Je veux aller mieux

Je veux aller bien

Je veux retrouver ma voix

Ma voix respire avec le ventre

S'épanouit dans les nuées tièdes

Et poussiéreuses de l'été finissant

Je veux être serein

Je veux être confiant

Chaque instant, je suis là

Je suis moi, je suis mes ancêtres

Je suis leur écho, je suis Jean-Baptiste

Franchissant les corps

en ce début d'année 1918.

L'année de ses 20 ans.

Je veux aller mieux.

Je veux aller bien

Je veux retrouver ma voix


  

dimanche 9 mai 2021

Déviance

 


C'est bien moi le roi de la diversion

J'évite comme personne les regards

Toute intrusion qui pourrait me blesser l'âme,

Me mettre à nu, tout brûler là-dedans...

Ô ma Terre calcinée, comme je te plains,

Laisse donc entrer la lumière

Laisse tes petits vers se pâmer

Sous le froid soleil de novembre.

Laisse-les régénérer mon moi

Enseveli de rictus et de paraître,

Fais place nette à tes beaux fruits

Prêts à s'offrir à ce monde affable. 

Tutu

  -Dis, tu, tu m'écoutes, j'espère ? -Mais je ne suis pas ton toutou, j'aspire à ... - Miaaaaou. Relis tout steup à voix haute m...