Nombre total de pages vues

samedi 15 mai 2021

Week end à Chanteloup les vignes


Elle court elle court la banlieue

De celles qu'on dit choc

Elle s'étire comme une onde

Se dilate, se disloque

 S'éloigne imperceptiblement

En s'extirpant de l'épicentre

Du noyau, vers le large,

Loin de ce ventre chaud

Pour se dénaturer au grand air

Carte postale d'un joli petit village

Chanteloup-les-Vignes et ses caves voûtées

Ses bourreliers, ses corps de ferme et son marché

Ses petits viticulteurs et leur étalage

Mais désormais tout autour c'est ville nouvelle

Constat sans appel, une Daisy Town

Et sa coupe au carré, métallique

Additionnant ses minorités visibles

Qui ne seraient là que pour rapiécer

le tissu économique

Sauver l'agglomération

Raccomoder l'activité

Retarder l'inexorable déclin

Ne pas précipiter la petite cité

Dans la désespérance et l'oubli

Mais comment fait-on prendre la greffe

D'une légion de déracinés

Sur une terre de vignobles ?

Comment ne pas aggraver

Une situation déjà compromise ?

Comment conjurer la disparition

De l'artisanat et des métiers de la vigne,

jadis poumons de cette belle contrée ?

Maïmouna s'y est installée récemment

Elle est venue sans papiers

Grâce à la pièce d'identité

d'une "exploitante" qui sous son nom

La fait travailler dans un grand hôtel

De la grouillante cité.

La passeuse reste chez elle, tranquillement,

Et encaisse le salaire de sa jeune pousse, force vive,

Esclave moderne qui accepte sa condition 

Et n'a encore jamais été

Depuis son installation s'aventurer

Dans le centre historique de la ville. 

Elle est là sans être là

Une confirmation pour la cité dortoire

Qui n'aura jamais si bien porté son nom

On y dort, pire, on n'y existe pas.  

Tout un paradoxe de cette nature

Qui ne dit plus son nom

Chanteloup moins les vignes

Enpêchée par les blocs de béton

Montés en kit, terroir fantôme

frappé d'aphasie qui semble chaque jour

Un peu plus loin de Paris

Aggravant un fossé devenu gouffre béant

malgré ce monde ramené disent les "experts"

Aux dimensions d'un village.

En regagnant Ahurti (Urt en Basque)

Les azalées centenaires sont en fleur

Les hortensias reviennent à la vie

Et le rododendron est rose de bonheur.

Les bougainvilliers ont bien résisté

Au grand froid de ces dernières semaines

Même les acacias, vénérables arbres à coton, 

Nous saluent de leurs petites fleurs blanches printanières.

Et me vient alors l'idée que notre village a bien fait

de ne pas s'appeler Ahurti-la-verdure

En prévision du jour tragique où les arbres

Ne seront plus que des espèces végétales imaginaires 

peuplant nos livres d'école. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Tutu

  -Dis, tu, tu m'écoutes, j'espère ? -Mais je ne suis pas ton toutou, j'aspire à ... - Miaaaaou. Relis tout steup à voix haute m...