J’ai foulé l’herbe folle de bouquets d’orties
prisonniers des failles du macadam
Dans la fraîcheur des entrailles d’une Halle parisienne
J’ai roulé mes yeux saouls dans la foule ensuquée
D’un dimanche matin à l’heure du marché
Pour y chercher le réconfort d’un doux regard,
d’un geste aimable, d’une odeur familière
Puis j’ai fendu l’armure lorsque soupirant près de mon écuelle sans le sou
J’ai perçu le désespoir d’un chaton efflanqué, pustuleux, égaré, miaulant à la mort.
Le premier être croisé ce matin-là
Et dont le regard de pierre de lune et de bois tendre
Ne me sembla pas juger l’autre.
Deux billes d’espoir, deux intenses fleurs de l’âme !
Je lui fis signe, il eut alors ce mouvement bref
Comme s’il opinait du chef, hésita
Puis vint se blottir contre moi
Et bien au chaud, soupira son bonheur.

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