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mercredi 22 novembre 2023

Dheepan. Baby's got deep eyes !

 

Une déflagration finale

Née d'un coup de foudre

En guise de sacrifice, le signe

Sans calcul, sans retour,

Que voici la comédie romantique ultime.

Voulez-vous des preuves ?

Happy end, bonheur conjugal

Et cerise sur le gâteau

Un beau bambin à la clé.

Le genre de dénouement

Qui fleure bon celui de Taxi Driver

Tout va mal finir, c'est sûr,

la folie du personnage principal

Le perdra forcément,

L'entraînera par le fond...

Et puis non ! Parce qu'il croit

Suffisamment fort à cette jeune femme, 

A leur histoire, à l'histoire du film…

C'est que Dheepan opère une vivisection en live

De "trois personnages en quête d'acteurs".

Au delà d'un sujet d'actualité brûlant

- l'intégration du nouveau venu dans une enclave,

pays dans le pays  -, l'entrée en matière nous familiarise

avec trois acteurs se cherchant, apprenant

Leur nouveau texte, incarnant

Les rôles respectifs qu'on leur assigne…

Le spectateur s'identifie d'autant mieux  

Que tous trois deviennent ses yeux, ses "deep eyes". 

Et comme souvent dans pareille situation,

La magie n'opère que lorsqu'ils finiront

Par y croire eux-même, lorsque de leurs tréfonds

L'amour surgira tout seul du genre tout-puissant,

Matriciel. Enseignement sacré. Tout est là.

S'enrouler à 3 autour d'un même thème,

Y faire naître du sentiment malgré 
 
l'austérité, le déracinement,

La discrétion et la pudeur.

Juste de quoi étouffer l'émotion

Assez longtemps pour qu'émerge

des ténèbres le bouquet final

Démentiel, organique,

Un feu d'artifices surgi des tripes,

Vécu de l'intérieur, à fleur de peau,

Au niveau quantique de nos poils dressés !


mercredi 15 novembre 2023

Brazil. S'évader ? Un art de vivre

  

Brazil, déploie tes ailes
Envole-nous,
Vole-moi dans les plumes,
Extraie de nos matières
Le fragile de l'argile
A ta manière, enjouée,
A ta façon, agile,
Les échos mélancoliques
A l'étouffée, de nos Bossas.
Ton baiser sur ma joue ?
Un battement de cils pour m'évader.
Rêveur aux anges, m'immergeant,
Me laissant porter sous ton zèle,
Ou comment échapper aux griffes
De ces vies "prospectus"
Par ta vision tendre et chaude,
Ode à la résistance, sur un mode vivace,
Face au monstre invisible, implacable
Tapi au coin de chaque petite rue 
De la grande cité étouffante :
Boa constrictor qui fait les yeux doux
Pour mieux nous réduire au silence éternel.

samedi 14 octobre 2023

Auto-immune


Aux pupilles de l'inaction 

Regarder faire dilaterait les pupilles.

Le spectacle aurait ces vertus

De vous extraire de vous même.  

Lire mettrait dans un état second,

Le regard glissant sur les mots,

C'est le temps filant sur vos instants.

Le regard est toujours à l'instant T

Posé sur le présent, sur le mot lu.

Rien de ce qui précède ou suit est absent à la réalité. Tout concorde, tout se lie, tout est là. Le chat de Shrodinger nous l'a prouvé, chaque être est un cantique, chaque individu est là sans être là, est là mais n'est plus là. Chaque vie est tout en ayant été.

Le cinéma peut tout aussi bien emporter vos âmes dans ses salles obscures. Il est vos rêves, il est l'oeil du destin sur une image dont 25 font chaque seconde. Le regard sur l'écran, c'est l'attention portée sur le mot.

La fabrique auto-immune à souvenirs consiste ainsi à creuser en soi pour mieux s'extraire, se raffiner. Consiste à affiner son trait jusqu'à disparaître pour mieux réenchanter les contours du monde.

lundi 7 août 2023

Les sous-jacents du narratif

D'un projet l'autre

Fais tâche d'huile

Déploie la carte

De tes mondes intérieurs,

Le guide pour tes rêves inassouvis, 

Révèle tes quêtes à accomplir.

Garde les yeux sur l'horizon

Du chemin qui te rebrousse l'âme

Par le courant intérieur,

Laisse-toi porter

Vers où le fleuve remonte.

Ne pas lutter surtout,

Pour avancer,

Il te faut revenir

Là où tes rêves sont nés.

dimanche 30 juillet 2023

Ode à Joe. David Gordon Green

 

Etouffer à ciel ouvert

Le long d'une voie ferrée.

Rendre irrespirable le grand air.

Aucun coup de hache,

Aucun délicieux poison,

Rien n'y fera.

L'Amérique profonde

Se succède à elle-même

Comme les fantômes qui la hantent.

Insondable humanité dans un décor immuable.

Le temps venu des éternels recommencements.

Aux chairs lacérées sur un visage

Répondent les coups secs au canif

Dans le poitrail du daim

Lesté comme un sac de boxe.

Le règne animal.

Au son effrayant du crâne brisé

Répond la morsure fatale

D'un chien gros comme un bison.

Au diable la morale.

Chacun la sienne par ici.

On fait ce qu'on peut

Avec ce qu'on a.

Le temps semble s'être arrêté.

Le paternel frappe, humilie,

Avant d'amuser le fiston

D'un pas rouillé de break dance

Tentative dérisoire de transmettre

Enfin quelque chose, de redevenir 

Quelques instants gracieux

La figure rassurante

Du bon père de famille. 

"Donne moi ton fric, je te dissoudrai,

Donne moi ton sang, je t’absoudrai."

Chaque personnage commet l’irréparable

Franchit allègrement toute frontière morale

Au péril de sa vie, de celles des autres

Avant d’avoir un geste d’empathie

(Une main sur un crâne en morceaux)

Un mot tendre (tu es mon frère ?)

Ou le bon goût de se supprimer…

Nicolas Cage redevient Sailor

Ses tatouages, sa silhouette affinée,

Son aigle fièrement porté dans le dos

Sont là pour en témoigner

Après une trop longue vie carcérale,

Orphelin de son passé,

En quête d'oubli mais pas de rédemption.

J'ai d'ailleurs espéré en vain

Sur ce pont éclairé par la lune

Qu'il susurre enfin au flic quelque chose

Au sujet de Lula et chacun,

Emu aux larmes, aurait compris...


jeudi 27 juillet 2023

Gone Girl. L'amour au temps du capital.

Un couple s'installe
Sur une terre d'écrivains
Le Missouri, dans un mouvement 
Presque littéraire : Qui parle ?
Qui s'adresse à nous ?
Sommes-nous dans la réalité ?
Dans un journal intime ?
Les premiers mots – la tête,
La cervelle, comment voir dedans ? -
Mettent sur la piste de Shining
Comme le grand escalier
De la maison du couple.
Une question taraude :
Est-elle complètement cintrée ?
Sorte de vent multidirectionnel
dans la tempête ? Et bien non...
Le plus effrayant chez elle ?
Sa folie toute droite,
douée qu'elle est
pour des parties d’échecs,
Trois coups d’avance,
A l'emporte pièce,
capables d’improviser
dans une forme de rationalisme
échevelé qui rend fou l'interlocuteur.
American Psycho au féminin :
Une sociopathe dénuée de toute empathie
Rayonnant dans un monde
Où rien n'a d'importance
Que de penser à soi,
Que d'être "pas comme les autres",
Au sens où les autres coagulent
Pour devenir cette masse informe,
Cette agglutination d'objets
Qu'on utilise puis qu'on jette
Pour mieux atteindre
Ses petits rêves de pacotille :
Le pouvoir, l'influence, la gloire, la renommée, l'égo...
Et le mari dans tout ça ? Une mouche de velours gris
prise dans l'épaisseur de la toile.
Le spectateur étouffe avec lui
Et le film secrète son venin
Avec cynisme et cruauté
Jusqu'à l'épilogue,
Une interminable apothéose
A la Nuit de Fureur (Jim Thomson) :
Deux personnages
Y sont enchaînés à l’attente
D’un dénouement tragique.
Et ils attendent, ils attendent
Dans un climat irrespirable.
Aucune autre issue, on le pressent,
Que l'ouverture d'un crâne
Pour voir se déverser
Les raisons de l'acharnement,
De cette prise d’otage pure et simple.
Il devra ramper, se dit-elle,
Se mettre à genoux pour qu’elle revienne
Le sauver de la chaise électrique.
Pour être certaine qu’il ne s’échappe jamais,
elle ira même jusqu'au meurtre
Et, pire, lui fera un enfant !
Une descendance à l'approche, 
Bombe à retardement.
Dans un ventre prêt à expulser
Sa monnaie d'échange
pour acheter la paix des lâches.
Faisons l'autruche,
De la complicité une façade
Et table rase du passé. 
Pour avoir la tranquillité.
De Scène de la vie conjugale (Bergman)
à Faces (Cassavetes)
De la La guerre des Rose (De Vito)
à l’Honneur des Prizzi (John Huston).
Le film dissèque et restitue
Son héritage foisonnant.
Une scène emblématique ?
elle revient ensanglantée
tombe dans les bras de son mari
Qui se fend d'une phrase
aussi discrète qu'assassine.
on en prend ici pour son grade,
plein la gueule,
parce ça sonne vrai
vous prend à la gorge
Vous l'effet d'un cutter
dans celle d'un aristo naïf
aveuglé par une fausse idée
De l'amour ou de la propriété !
Il en fera d'ailleurs cruellement les frais.
Voici donc le vrai visage
De la famille américaine,
puritaine et prompte à défendre
ses acquis, ses valeurs,
sous les projecteurs, aussi longtemps
que ces derniers restent allumés
ou que des intérêts supérieurs
(la descendance, l'héritage)
sont en jeu, voire menacés.
Une simple scène sous la douche
Résume tout pour finir :
Assurée de pouvoir parler en toute "franchise"
L'héroïne fait de nous les témoins, les voyeurs aussi,
D'un moment privé, intimiste
D'un couple dans son plus simple appareil. 
Elle aura tout prévu jusqu'au dernier petit détail...
Gone Girl est d’une infinie richesse
Le thriller se redéfinit, se revisite,
Se fait nouvelle référence
Du film conjugal
En nous parlant d'un temps
Où l'individu s'est perdu en chemin
En confondant amour et propriété
Où la perversion devenue monnaie courante,
N'est que le fruit des dérives du Capitalisme.
Un bon titre eut donc été...
L'Amour au temps du Capital.



The Template !

Cat Town ne s'est pas faite en un jour,

Il y fallut un Template vous dis-je !

Jadis, on semait la pagaille,

Entre Lille, Maputo, Paris ou Breda 

Faisant PHI du travail, des médailles,

Prônant boustifaille et ripaille.

Puis, ce fameux mois d'octobre 2020

Du 32 confiné à Dizzie Land

Il n' y eut qu'un premier pas,

Qu'une corde, qu'un plateau,

Que 10 pions, qu'un seul hymne

"If we can dream...."

Pour "babéliser" deux volontés !

"Are you ready ?" nous murmura le Sly

et soudain nous fumes

High dans le Brooklyn sky

Mais without Template, no country road 

No escape from behind

No Vertical limit, no coconut tree

Sous lequel s'assoupir face à la mer

Ou gueuler un jour "When we were kings"

En sirotant une Guinness, no nothing ! 

Nueva York, ris-nous bien

On a arrêté de rêver, on a bossé

On a fait comme toi

Sacrée ville debout

Qui ne dort jamais.

Nous voilà ici et maintenant

Debout dans le car qui part

Le 20 octobre 2023 !

On rit, tu ris ?



mercredi 26 juillet 2023

The descent. La guerre des sexes.

 

Prière de ne pas "dégenrer" !
Le genre masculin par ici ?
Au pire en voie de disparition
Au mieux en pleine déconfiture.
Le seul homme digne de ce nom
Finit transpercé par un tube d'acier
Au bout de quelques minutes.
Tout est dit ! Une référence ?
 Le quatrième homme (Paul Verhoeven)
Et sa veuve noire,
Sharon Stone version zéro,
Avec sa façon cruelle, morbide
De zigouiller ses amants
Les uns après les autres.
Les codes du tout-puissant matriarcat  
Sont les mousquetons visibles
de l'endroit du décor
Lors d'une descente en rappel.
Rarement film d'horreur aura si bien marié
L'efficacité requise (frayeur absolue garantie)
A une vraie réflexion
Sur les phobies les plus répandues :
Peur du noir, du vide, d'étouffer,
De se noyer, d'être dévoré dans l'obscurité...
Neil Marshall distille ses références
Avec parcimonie, intelligence
A mesure que l'on s'enfonce
Dans une grotte sans fonds. 
Un groupe de femmes
Aux allures de commando 
s'engage dans un voyage san retour.
Le survival façon Délivrance
vogue d'un genre l'autre,
Avec des adversaires
D'abord rocheux,
Puis en chair et en os
Mais curieusement déshumanisés.
Ainsi retrouve-t-on dans le désordre
Des clins d'oeil à CarrieEvil Dead,
AlienThe ThingZombie,
Massacre à la tronçonneuse :
Jouissif décodage entre les scènes.
Mais que nous raconte le film ?
Des héroïnes se débattent face à
Des "hommes du dessous",
Des "sous-hommes"...
Des femmes sportives, modernes,
Indépendantes sont aux prises
Avec un genre masculin
Dévoyé, hideux, relégué aux oubliettes...
Deux sexes qui plus que jamais
S'éloignent l'un de l'autre
Dans une société qui mue à toute vitesse.
Une guerre de toute éternité
Dont personne ne sort indemne.
Et c'est là une portée allégorique qui sublime le film
A mesure que l'on s'enfonce dans l'horreur...
Ou qu'une héroine s'extraie de la terre
Comme un nouveau-né d'un ventre maternel.



Alien. Survie de l'espère.

 

Lors de chaque naissance, la façon
Dont le mystère de la vie m'apparaît
Soulève une question fondamentale :
L'amas joliment animé de cellules vivaces
S'éjectant comme d'une imprimante 3D
Est-il indépendant du moteur qui l'a fabriqué ?
Utilise-t-il les enveloppes corporelles,
les êtres vivants pour se maintenir
"en vie", se survivre à lui-même ?
Autrement dit, ne sommes-nous que
des "véhicules", des transmetteurs ?
Le secret d'un chef-d'oeuvre
Se niche dans l'inconscient
Collectif sans qu'on sache
Vraiment ce qui nous y subjugue, 
Nous y terrifie autant. Il y a
Bien sûr dans Alien l'idée géniale
D'un huis-clos spatial
D'une invisible menace
Qui pèse sur les personnages
Et le spectateur, Il y a 
Cet univers puissamment singulier,
La navette aux allures de plate-forme
Pétrolière en perdition
Crée le sentiment d'une
Interminable gestation
En son ventre clos et humide.
La lenteur paradoxalement délectable
Du score de Jerry Goldsmith
Est donc intentionnelle
Mais l'idée fondamentale
Inconsciente, presqu'abstraite,
procède de la sexualisation
Du conflit à l'oeuvre
De la féminisation de l'horreur.
Avec d'un côté l'héroïne, Sigourney Weather,
Qui symboliquement porte et donne la vie.
Et un monstre de l'autre,
Qui campe cette vie changeante, protéiforme,
Entrant et sortant d'un corps
Quand bon lui semble et qui prolifère
Sans passer par les voies naturelles : 
Avant de devenir l'Alien
Avec sa gueule de pistolet à essence
Le monstre est une chenille-papillon
Sorte d'araignée collante,
Obligeant des hommes
A une soumission totale et silencieuse,
Dans le respect d'un rite sacré :
Le cunilingus spatial qui seul
Permettra à la vie (contre nature) d'éclore
Dans leurs ventres stériles,
Provoquant au passage leurs morts.
On regarde alors Des utérus et des hommes.
Puis se précise le combat suprême :
la figure de la femme grande et forte,
garante de la sauvegarde de l'espèce
(elle est celle qui met au monde)
se dresse face à une forme de vie déviante.
Qui à certains égards s'incarne tout autant
dans le personnage du robot
Que dans celui de l'Alien.
L'affrontement devient lutte à mort
Pour sauver le genre humain...
Une idée développée dans Aliens
où Sigourney devenue mère
(la petite orpheline lui octroie ce statut)
Affronte une autre reine mère
dans un final hautement allégorique.
2 mères, 2 façons de mettre au monde,
de donner la vie, face à face.
C'est pourtant bien la mort
qu'elles s'apprêtent à se donner.
Voilà le secret d'un chef-d'oeuvre.
Quand The Descent évoque de façon souterraine
La guerre des sexes dans une société
Déboussolée, sans repères,
Alien ne traite en filigrane que d'un sujet :
La survie de l'espèce entre les mains
Pas si fragiles d'une femme.
Inoubliable Alien dont l'affiche originelle
- cet oeuf, la vie - prend tout son sens.


lundi 10 avril 2023

La guerre des mondes. Mon père ce héros

 

Des trains fantôme

Aux allures de boule de feu

Déchirent la brume du petit matin,

Un lit de dépouilles s'étire, macabre,

Sur le fleuve trop tranquille,

Et l'obsession bien vivante

Pour le thème de la famille déchirée

Irradie, partout, tout le temps.

Suis-je un bon père ?

Question qui taraude le héros...

Ce qui lui tombe sur la tête,

Ou plutôt surgit sous ses pieds,

Le met face à ses responsabilités.

Un chef de famille qui se cherche

Le temps incertain d'une garde,

Engagé qu'il est à ramener

Ses deux morpions en un morceau

Chez leur chère maman...

Voilà pourquoi le dernier plan

tant conspué pour son côté mièvre,

Devient un aboutissement thématique :

La réunion familiale,

Rêve ultime des enfants

De parents divorcés

Du monde entierMission accomplie

Par un père d’abord paumé,

Démissionnaire et qui à la faveur de

Cette Guerre des mondes redevient

Le papa protecteur, le Père, ce héros

Dans le regard de ses 2 marmots.



dimanche 2 avril 2023

Collateral. L'oeuvre au noir

 


Quelle plus belle tirade ?

Quelle plus belle mort ?

Quelle plus belle fin ?

Tom se projette, se raconte,

Nous raconte, nous autres,

Toi, moi, lui, elle, demain,

Nous autres qui prendront le métro

La gueule enfarinée, la tête basse

Sans même remarquer

Le macchabée juste à côté.

C'est qu'on nous cause ici du travail

Celui qui avilit, celui qui enchaîne,

Ses effets collatéraux sur celles et ceux

Qui en dépendent pour vivre :

Une femme ne compte pas ses heures

Prisonnière d’une tour de verre,

D’un piège de cristal,

Alors qu’elle pourrait être chez elle

Bien au chaud dans ses draps douillets.

Elle est d’emblée cet être dédié

Corps et âme à sa tâche

A l’heure où d’autres dorment

Du sommeil du bienheureux. 

Et ce chauffeur de taxi

Subit tout autant son sort

En attendant mieux...

Créer sa propre entreprise ?

Allez soyons fous,

Location de limousine !

Le troisième larron

Est tueur à gages.

Sans scrupules

Mais sans illusions.

Jusqu'au boutiste, il honore

Toujours ses contrats.

Subtil trio nocturne « au travail »

Qui donne à ce thriller crépusculaire

Sa dimension allégorique surpuissante.

L'apparition d’un coyote dans les phares ?

Les visions poétiques d’un Wolfen

Sous les yeux ravis de ces

2 personnages masculins

En quête de hauteur (dans ce monde de brutes).

Leur relation ? Ambigüe, emprunte de respect,

D’admiration lorsque le tueur désenchanté

Reconnaît au chauffeur le courage

D'avoir su, contrairement à lui, 

Briser ses chaînes en volant 

Au secours de la working girl,

prenant ainsi son destin en main

Pour ne pas finir écrabouillé

Comme ces dépouilles anonymes

Qu’on retrouve au petit matin dans le métro….

Un très grand thriller autour des ravages

De la grande ville sur l’individu 

Venu y chercher son salut…


samedi 1 avril 2023

Arte-toi fiston !

ELLE s'est tue

Puis JE est né

D'où je viens ? D'une attelle, d'un tuteur,

Sa lueur à elle dans les yeux... un tueur ! 

"Tu n'es rien" qu'elle m'a dit

"il n'y a rien, c'est l'homme qui a peur"

j'ai pensé

Sans peur, il n'y aurait rien...  

Et le jeu c'est tout

Tout jeune déjà...

Aux autres la plage

A moi la fraîcheur

Du salon endormi

Le ciné m’a sauvé. Urt aussi

Ma Cinecinta du mois de juillet           

Mon cordon rouge vers le salut.

Mes personnages ?

Blake Edwards, Bruce Campbell…

Un funambule à l'équilibre

Mon chronomètre en main,

Et je me faisais créature de Jeu

Je raturais, je raturais,

Et voyais ce qu'il en restait. 

L’après-midi s'étirait,

Et mes personnages grandissaient,

L’écart entre eux se creusait lentement

Chacun pouvait y devenir

Dans un Ermitage ni Creux ni hâtif,

« Arte-toi » mon fils, goulument qu'il disait Papa !

Je t'entends m'encourager 

Je suis devenu créateur de Je

Par hasard et par nécessité.

mercredi 29 mars 2023

Cinecinta

 

Ireki Begiak. Ouvre les yeux, tends l’oreille. Silence absolu. Pas l’ombre d’un murmure. Une foule immense s’écarte sur ton passage et ne dit mot… Un million de personnes consent à ne faire qu’un pour se faire l’écho de ta respiration, pour mieux rendre audible ton pas léger sur le pavé du petit Bayonne. Baisse le regard à présent, tout part de ta taille encore menue, observe la Cinta… Qui s’est liée d’amitié, a noué son destin à celui de milliers d’autres Cintas. Les unes solidement attachées aux autres. Chacune arrimée à la suivante. Impossible d’en voir le bout. Mais tu en es le point de départ, cordée vers l'invisible, et tu veux savoir, tu te laisses porter. Les bouches restent cousues partout autour. Tu avances. Tu suis le cordon, frayes la multitude silencieuse et tes souvenirs affleurent déjà. Ton cinéma intérieur.

 

Des vachettes à la force Basque, rites de passage dont on sort élu par la force ou par la ruse. Du Corço lumineux au Toro de fuego qui entretiennent l’émerveillement et la magie de ce que fut ton enfance. Les retentissements au lointain de l’Irrintzina, des Txalapartas. Un langage à longue portée. Plus près, les sons provoqués par la vibration de vieux planchers, la friction des peaux brûlantes, le contact sec et lourd du sabot avec la faïence. Des appels du pied. Des prouesses aériennes aussi. Mutxikos, du pas linéaire au zig zag, à la faveur du txotx de trop. L’on devenait rouge et blanc. L’on se gonflait d’air et l’on chantait.

 

Te voilà arrivée place du théâtre et son odeur de Talo. Tu devines la présence du Roi Léon non loin. Tu imagines le tintement des clés du trousseau de la ville. L’ogre bienveillant sommeille encore. Mais l’ouverture est proche. Le silence se fissure lentement.  Et ça y est, tu le vois. A l’autre bout de la Cinta de tous les records, c’est bien lui. On n’oublie jamais son premier amour. Chaque fête ne fut qu’une répétition, qu’une parade nuptiale avant la grande première. Depuis toujours, vous avez fait « comme si ». Bien sûr vous avez vieilli. Mais chaque nouvelle année, le temps des cerises peut recommencer. D’itxassou à Bayonne. Toi, Lui, Ama, Aïta. Maïte. En un mot, l’amour. Et de la foule interdite s’élève enfin le bruit d’abord sourd, indistinct puis omniprésent de deux cœurs. Ils battent, ils battent, ils battent, jusqu'à l’unisson.




lundi 20 mars 2023

Halloween. Psychanalyse par le masque

 



Haddonfield, Extérieur nuit

Un tueur sur la route

James Ellroy avant l'heure

Being Michael Myers,

C'est l'avoir dans la peau, s'y glisser 

Ici l'on voit d'abord avec ses yeux

Puis il s'évapore, se dilue,

Jusqu'à se fondre dans le décor,

Identité flottante, abstraite,

Finit par contaminer l'air

Devenir omniprésent,

Entre ici et là-bas,

Nulle part et partout.

Il était lui, devient le "nous",

L'invisible est devenu visible

Sous le masque des transgressions

Dans un rituel de tous les passages

De l'enfance vers l'âge adulte,

Du soi vers le surmoi,

De l'ordinaire vers l'extraordinaire

Au cours d'une nuit, d'un rite initiatique,

Pour devenir le super-héros ou l'idole maléfique.

La nuit des masques ?

Un acte de naissance, mieux une question :

Qu'est-ce que le mal absolu ?

Un homme sans identité ?

Déraciné ? Anesthesié ? 

Un souvenir peut-être, dans toute société,

Du rôle dévolu à chaque citoyen.

Se cacher le visage alors ?

C'est aller au-delà des apparences,

Révéler sa nature profonde.

Le temps d'une cérémonie 

De sa musique minimaliste,

Dont le venin s'écoule goutte à goutte,

Imprègne chaque petite parcelle

D'une ville au demeurant charmante.

Le slasher qui tenait lieu de programme

Etait donc un film fantastique,

Le plus grand des cauchemars :

Psychanalytique, psychopathologique !

Un écran parfaitement noir sur lequel

Projeter notre peur la plus enfouie.

Celle qu'on peut avoir de soi-même.

Doublement. Michael Myers.

My My. Sous le masque

Se cache un peu de

Chacune et chacun d'entre nous.

dimanche 19 mars 2023

The Thing. La dernière gorgée

John instille, insuffle,

Enseigne la schyzo

Et sur le paradis blanc

Projette son grand silence.

Inquiétant, paranoïaque,

Survival en milieu hostile

Koh Lanta du permafrost

Voici venir l'inhumanité

Déguisée en virus à démasquer.

L'antidote, lui, demeure introuvable  

C'est la Théorie du complot qui essaime,

Empoisonne avant l'heure.

Et le chien vous me direz ?

Un loup pour l'homme, il observe

Attend son heure et frappe

Au moment le plus imprévisible.

Quoi que tu fasses, la nature

C'est plus fort que toi !

Elle fracasse, elle concasse, 

Teinte l'atmosphère de pessimisme

A l'image de cette séquence finale

Où l'irruption du danger

à travers le personnage oublié

Revenu de l'enfer des glaces

Se fait en catimini,

Sur la pointe des pieds...

Aveu d'impuissance,

La fatalité se noue

Autour d'un feu de la Saint-Jean.

2 rescapés au devenir incertain 

Face à leur sort illustré

Par ces flammes qui s'épuisent

Gesticulent partout autour 

Dans une ultime danse, lascive,

Avant de s'éteindre en beauté.

La dernière gorgée de whisky ?

Pas qu'un clin d'oeil aux grands westerns, 

Elle cristallise ce reste d'humanité

Unissant les 2 personnages

Dans le couloir rougeoyant de la mort.

Chacun sporadiquement éclairé

Par le regard de l'autre :

Deux chiens féroces,

Ecumant de rage,

Toujours prêts à bondir,

Jusqu'à leur dernier souffle.

Tutu

  -Dis, tu, tu m'écoutes, j'espère ? -Mais je ne suis pas ton toutou, j'aspire à ... - Miaaaaou. Relis tout steup à voix haute m...