7ème art. 7ème ciel. 7ème âge. 7ème oeil. 7ème continent. 7ème sens. 7ème jour. 7ème élément. 7ème étage après tout !
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mercredi 29 mars 2023
Cinecinta
Ireki Begiak. Ouvre les yeux, tends l’oreille. Silence
absolu. Pas l’ombre d’un murmure. Une foule immense s’écarte sur ton passage et
ne dit mot… Un million de personnes consent à ne faire qu’un pour se faire
l’écho de ta respiration, pour mieux rendre audible ton pas léger sur le pavé
du petit Bayonne. Baisse le regard à présent, tout part de ta taille encore
menue, observe la Cinta… Qui s’est liée
d’amitié, a noué son destin à celui de milliers d’autres Cintas. Les unes solidement attachées aux autres. Chacune arrimée à
la suivante. Impossible d’en voir le bout. Mais tu en es le point de départ, cordée vers l'invisible, et tu veux savoir, tu te laisses porter. Les bouches restent cousues partout autour. Tu avances. Tu suis le cordon, frayes
la multitude silencieuse et tes souvenirs affleurent déjà. Ton cinéma
intérieur.
Des vachettes à la force Basque, rites de passage dont on
sort élu par la force ou par la ruse. Du Corço lumineux au Toro de fuego qui
entretiennent l’émerveillement et la magie de ce que fut ton enfance. Les
retentissements au lointain de l’Irrintzina, des Txalapartas. Un langage à
longue portée. Plus près, les sons provoqués par la vibration de vieux
planchers, la friction des peaux brûlantes, le contact sec et lourd du sabot avec
la faïence. Des appels du pied. Des prouesses aériennes aussi. Mutxikos, du pas
linéaire au zig zag, à la faveur du txotx de trop. L’on devenait rouge et
blanc. L’on se gonflait d’air et l’on chantait.
Te voilà arrivée place du théâtre et son odeur de Talo. Tu devines
la présence du Roi Léon non loin. Tu imagines le tintement des
clés du trousseau de la ville. L’ogre bienveillant sommeille encore. Mais
l’ouverture est proche. Le silence se fissure lentement. Et ça y est, tu le vois. A l’autre bout de la Cinta de tous les records, c’est bien lui.
On n’oublie jamais son premier amour. Chaque fête ne fut qu’une répétition,
qu’une parade nuptiale avant la grande première. Depuis toujours, vous avez
fait « comme si ». Bien sûr vous avez vieilli. Mais chaque nouvelle
année, le temps des cerises peut recommencer. D’itxassou à Bayonne. Toi, Lui, Ama,
Aïta. Maïte. En un mot, l’amour. Et de la foule interdite s’élève enfin le
bruit d’abord sourd, indistinct puis omniprésent de deux cœurs. Ils battent, ils battent, ils battent, jusqu'à
l’unisson.
lundi 20 mars 2023
Halloween. Psychanalyse par le masque
Haddonfield, Extérieur nuit
Un tueur sur la route
James Ellroy avant l'heure
Being Michael Myers,
C'est l'avoir dans la peau, s'y glisser
Ici l'on voit d'abord avec ses yeux
Puis il s'évapore, se dilue,
Jusqu'à se fondre dans le décor,
Identité flottante, abstraite,
Finit par contaminer l'air
Devenir omniprésent,
Entre ici et là-bas,
Nulle part et partout.
Il était lui, devient le "nous",
L'invisible est devenu visible
Sous le masque des transgressions
Dans un rituel de tous les passages
De l'enfance vers l'âge adulte,
Du soi vers le surmoi,
De l'ordinaire vers l'extraordinaire
Au cours d'une nuit, d'un rite initiatique,
Pour devenir le super-héros ou l'idole maléfique.
La nuit des masques ?
Un acte de naissance, mieux une question :
Qu'est-ce que le mal absolu ?
Un homme sans identité ?
Déraciné ? Anesthesié ?
Un souvenir peut-être, dans toute société,
Du rôle dévolu à chaque citoyen.
Se cacher le visage alors ?
C'est aller au-delà des apparences,
Révéler sa nature profonde.
Le temps d'une cérémonie
De sa musique minimaliste,
Dont le venin s'écoule goutte à goutte,
Imprègne chaque petite parcelle
D'une ville au demeurant charmante.
Le slasher qui tenait lieu de programme
Etait donc un film fantastique,
Le plus grand des cauchemars :
Psychanalytique, psychopathologique !
Un écran parfaitement noir sur lequel
Projeter notre peur la plus enfouie.
Celle qu'on peut avoir de soi-même.
Doublement. Michael Myers.
My My. Sous le masque
Se cache un peu de
Chacune et chacun d'entre nous.
dimanche 19 mars 2023
The Thing. La dernière gorgée
John instille, insuffle,
Enseigne la schyzo
Et sur le paradis blanc
Projette son grand silence.
Inquiétant, paranoïaque,
Survival en milieu hostile
Koh Lanta du permafrost
Voici venir l'inhumanité
Déguisée en virus à démasquer.
L'antidote, lui, demeure introuvable
C'est la Théorie du complot qui essaime,
Empoisonne avant l'heure.
Et le chien vous me direz ?
Un loup pour l'homme, il observe
Attend son heure et frappe
Au moment le plus imprévisible.
Quoi que tu fasses, la nature
C'est plus fort que toi !
Elle fracasse, elle concasse,
Teinte l'atmosphère de pessimisme
A l'image de cette séquence finale
Où l'irruption du danger
à travers le personnage oublié
Revenu de l'enfer des glaces
Se fait en catimini,
Sur la pointe des pieds...
Aveu d'impuissance,
La fatalité se noue
Autour d'un feu de la Saint-Jean.
2 rescapés au devenir incertain
Face à leur sort illustré
Par ces flammes qui s'épuisent
Gesticulent partout autour
Dans une ultime danse, lascive,
Avant de s'éteindre en beauté.
La dernière gorgée de whisky ?
Pas qu'un clin d'oeil aux grands westerns,
Elle cristallise ce reste d'humanité
Unissant les 2 personnages
Dans le couloir rougeoyant de la mort.
Chacun sporadiquement éclairé
Par le regard de l'autre :
Deux chiens féroces,
Ecumant de rage,
Toujours prêts à bondir,
Jusqu'à leur dernier souffle.
jeudi 16 mars 2023
Rafi de grand Bassam
Grand Bassam
Son Raphia
Mon Rafi
Canasson des rives droites
Un numéro, nous deux
Et tes sabots qui enfoncent
Leur bossa dans ma tête :
Que Dieu "bless" ton souvenir ébène
Qui ravive , revêche, l'aura
De nos cavales, j'en raffole.
Cheval têtu, ravi toujours,
Reviens Raffi, Fais-moi rêver
De galop, et galope, galope,
Petit mousse, et va comme le vent
Te pousse sous la ola, sous les vivas
De la ca-va-le-rie
Des bords de lagune :
Ici, le rivage des vivants.
Tutu
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