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jeudi 29 février 2024

Page 278 du dico

C'était le soir au dispensaire

Malgré les directives, 

La discipline de fer,

Le discours ne passait plus

Otto le disciple avait

Indiscutablement disjoncté

En toute discrétion, il disparut

C'était paraît-il un jeudi soir

Tout discernement aboli, il ne

Réapparut que dix jours plus tard

D'aucuns disent qu'il se fait

Depuis appeler Dix de der 

samedi 17 février 2024

Oraison vers le large


Un brumisateur géant

Pour tuer la torpeur :

Voilà le doux songe

Qui soulage mon âme.

J’inspire fébrilement

Tout au bord de ma nuit.

Le Limpopo, son râle

Je l’entends déjà qui ronfle

Chant brodé de plic et de ploc

Entrelacés, venus

Mourir à mes pieds.

De ses entrailles,

Le fleuve exhale

Un souffle indocile

Comme les effluves

D’un ventre brûlant.

Une pluie fine enfin.

M’envelopper alors,

Me mêler le corps

Aux bruissements

Dans mes oreilles, 

Ma piste aux étoiles,

Mes acouphènes.

C’est le signal, j'entre en scène

Il siffle, il brûle mon sang

M’enfoncer lentement

Dans les boues flasques,

De ces profondeurs que

Je ne peux qu’imaginer,

Mes jambes au-dessus d’un néant,

Indicible et noir océan,

Où tout se consume

Les os

Les yeux

La viande

Les souvenirs peut-être.

Et la pluie qui s'entête. 

Dérive bonhomme, dérive,

Ne crawle pas, fais toi petit,

Tout petit dans la noirceur suffocante

Où toute vie étend son règne abyssal.

Les grands prédateurs n’ont qu’à bien se tenir,

Parole de fou, ça va saigner par ici

Et ce ne sera même pas télévisé

Tiens, j’en entends un quitter la berge.

Crocodile ?

Hippopotame ?

Peu importe,

Il me veut pour lui tout seul,

Caressera bientôt mes chevilles lestes.

Oublié mon couteau japonais, pas grave

Je m'en vais tordre le cou aux idées reçues

Mordre au cœur l’animal. M’en faire un sac.

Le regarder se soumettre

Lui déchiqueter le cuir de tout mon être

A l’effroyable mâchoire résister

De mes plaies ouvertes,

De mes chairs disloquées.

Qu’il m’aspire vers le fonds, je serai là

Moi, mes mots blessés

Qu’il me traverse, Qu’il m'éparpille,

La beauté de l’instant fera tout oublier.

Et puis rien. Il n'y eut rien ou si peu.

C'est donc l'homme qui a peur

Son imagination dans le noir.

Allez, bouge, nage, nage,

Accélère petit homme,

Affûte l’oraison,

Aiguise l’épitaphe,

déguerpis,

Sois pierre à fusil

Deviens l’extrême soif

Et de creux en creux

Jusqu’à l’océan

Rebondis,

Nu comme le ver

Rends l’âme,

Revis,

Ouvre les yeux,

Exulte, heureux

Comme au premier jour :

« Terre ! Haute-Volta ? Zaïre ? »


jeudi 1 février 2024

Se reposer la voix

 

Il faut reposer ta voix.

La clim des jours mauvais l’a entamée.

Le souffle de la mer.

Qui n’était là pour personne.

Vivait les yeux grands fermés.

N’écoutait qu’elle -même.

Il avait dû se frayer un chemin

Jusqu’à ses oreilles, son coeur, son âme,

Pour qu’elle daigne s’ouvrir et comprendre.

Et peut-être aussi le libérer

Du poids qui insistait sur sa poitrine.

Ses cordes vocales ? Une guitare désaccordée…

Un cordon ombilical

Comme un boyau, un tuyau,

Une paille dans laquelle souffler

Pour faire respirer l’autre,

Le désarticulé qu’on habille,

Qu’on décore à son goût,

Qui ne brillera que pour la faire briller…

Un automate avec un noeud pap.

L’histoire d’une lampe qui finit

Par se prendre pour le soleil.

Pur mimétisme.

Tutu

  -Dis, tu, tu m'écoutes, j'espère ? -Mais je ne suis pas ton toutou, j'aspire à ... - Miaaaaou. Relis tout steup à voix haute m...