Nombre total de pages vues

mardi 31 août 2021

A l'enfant intérieur

Dis, Fiston ! Méfie-t-en 

De Mefisto, de ses méfaits,

Ecoute, ressens-en les effets,

Du couteau, reçois du marteau l'affect,

Accuse le ressac, réfute aussi sec

Les maudites vérités dont on ne dit mot

Qui laissent nos corps érodés, nos âmes endettées.

Las des fées du faux, de leurs sornettes,

Sorcières falsifiant le vrai,

Refuse le déni, étouffe et comprime 

Leurs avarices sur tes legs,

Causes de nos stagnantes lancinations.

vendredi 27 août 2021

Petit éloge du délestage

"T occupes !" C'est mêle-toi de ce qui te regarde... Ne sois pas trop curieux.

"Qu'est-ce que tu veux, faut bien s'occuper..." Faut bien passer le temps. Sous entendu, faut trouver les moyens de faire diversion, d'éluder, de ne pas regarder le réel en face, son mystère, notre finitude. De ne pas se montrer trop... Curieux. Tiens, tiens

"Comment occuper les enfants ?" Il est donc ici question d'occulter. D'occulter l'inertie. L'oisiveté. Mais c'est remplacer quelque chose pour mieux masquer son absence.

S'occuper. Se couper (de). Coupant. Coupure. Délestage. Se délester. 

Mais les termes "occupé" ou "occupation" évoquent aussi l'Histoire ou certains lieux publics (la privatisation d'un espace disponible, commun). Tout alors est éminemment oculaire. Voir un message sur une porte, subir la présence des Allemands sur son territoire. Occuper un territoire. avec un intérêt. Forcément privé. Un territoire comme une propriété avec ses limites. Démarche cupide, tranchante, qui coupe de... Qui encombre l'espace disponible.

Oculaire.  L'Occupation. Cupide

"Il est occupé là... Ne le dérangez pas. C'est occupé ! La ligne est occupée..." L'occupation devient paradoxalement diversion par rapport à la normalité, distorsion du réel. Ce que serait le loisir, la recherche du bonheur, ce que serait le congé payé par rapport à la souffrance du travail. Une gigantesque manoeuvre (un biais, un truchement) pour faire l'autruche. Pour s'encombrer l'esprit. L'ombrager.

Autruche. Tricher. Truchement. Etreinte. 

L'Autruche ausculte, triche, écope méticuleusement le sable pour dégager son trou. Pour mieux s'y enterrer. On amasse dans un trou. On y gagne en gravité. Enfant, une personne suffit à porter ton cercueil, Au troisième ou quatrième âge, il y faut parfois l'étreinte de 6 personnes, l'attroupement de 12 bras. Pour mieux s'éteindre.    

Ausculter. Ecoper. Occuper. Copeaux

Est-ce que le salut ne viendrait pas de la disponibilité de tous les instants à soi, aux copeaux de soi-même (pour mieux les rassembler), au moment présent, aux autres ?

Une philosophie de la désoccupation, du désencombrement, du délestage, à fonder ou peut-être, qui sait, déjà à l'oeuvre ?

mardi 17 août 2021

Seven. Soleil trompeur

 


(S)heaven et son soleil trompeur
Quel épilogue ! Si j’avais su…   
Jamais très loin de Blade Runner,
Sa chute et ses lumières crues


Mais il n'y a pas de hasard 

Tout était là, livré d'emblée :

La ville un pluvieux purgatoire

Et l’enfer déjà familier.

 

John Doe est tueur à ses heures 

Mourir lui importe si peu

Or qu’est-ce qui lui tient à coeur ?

Corrompre l’âme du vertueux !

  

Hydre noire achevant sa mue,

Il veut honorer son serment

Et tend LE piège, du jamais vu :    

Un colis de chair et de sang

 

Distinguons toujours les effets

De la cause. Dans Seven, la thèse

S'attache bien moins au péché

Qu'à sa lecture, son exégèse !

 

Doutons des écrits : l'ennemi

N'est pas le fautif, l'égaré 

Mais l'interprète qui punit :

Satanés apprentis sorciers !


lundi 16 août 2021

Ma Sue à San Sé !

Monde insensé

Mon dessein ?

Emondeur

De ses seins

Sucrés

Dessinés

A la craie

S'ancrer

En Sue

C'est sacré

Ses secrets

Echancrés

Sans soupçons

Ni suçons

Ni sangsues

Ensuquée

Sous ses airs 

sans soucis

S'emmêler

Cent façons

Expirons

Sous la croix

Me crois-tu Sue ?

C'est complexe

D'expliquer

Sans expier

Sans Ceinture

Ni Censure

Ô Ceint homme

Ô Centaure

Nos Saints interdits

Qui s'en doute ?

Sans foi

Un des sens

Les seins de Sue

Dessiner dessus

Descendre dessous

Sue s'envoie

Sue s'enfile

Sue sursoit

C'est tout Sue

A double sens

Bon, unique

S'aiguiser

S'aguicher

Sans Guinées

Sanguine

Sans gâcher

S'engager

S'enlacer

Au lasso

Se lasser ?

Sue c'est tout

Mais Sue s'est tue

A San Sé



jeudi 12 août 2021

Misery. Rising Phoenix

 

Alfred Hitchcock aurait chéri

Ce huis-clos, duel infernal

Confrontant idole et groupie :

Ca finit mal en général...

 

Misery c'est un peu Shining

Un écrivain, ce lieu perdu,

Le froid et l'horreur. Stephen King

convoque son propre vécu.


Annie incarne l'addiction

De Paul Sheldon ou Jack Torrance   

Replongeant, cédant au poison

De leurs coupables dépendances.


Il a le teint cireux James Caan.

Son regard vide, ses lèvres molles

Sont le propre du dipsomane

A son plus haut degré d'alcool

 

Dans l'intimité du foyer, 

L'injonction de la muse est sans

Équivoque : l'auteur est sommé

De n'y pas gâcher son talent.


Bien plus qu'un thriller abouti

L'oeuvre se fait donc testament

d'un alcoolique repenti.

On sait le Phénix résilient.

mercredi 11 août 2021

Blade Runner. Cantique de la mauvaise herbe

 


L'univers de Phlip K Dick
Est reconnaissable entre mille.
Y paissent moutons électriques,
Quelques réplicants indociles
Dont l’humanité vous désarme,
Mais saluons le traitement :
Né d'un impact, de son vacarme,
Blade Runner est l'hybride enfant
De la SF et du film noir,
Un retro-futurisme qui
Sécrète son divin nectar !
Dans la mégapole avilie
Un détective privé traîne
Son spleen, sa mauvaise conscience,
Sa parano, autant de chaînes
Nouées de troubles apparences,
Où femmes fatales et brunes,
Parfois blondes mènent la danse 
Jusqu’au climax, quand la rancune
Se fait pardon ou pénitence !
Et voilà le plus vivifiant
On y trouve du Jim Thompson
Du Raymond Chandler, cependant
Le film surprend quand l'heure sonne
De l'épilogue tout en haut
D’une tour chatouillant les cieux
Avec l’extinction d’un robot
Habité, ému, amoureux
De la beauté du monde et qui
Dans un dernier geste fragile
De compassion, d'empathie,
Fait le deuil de son bref exil

Parmi les hommes et devient 

Cet être à l'aura de lumière.

Rick Deckard, lui, demeure éteint,

Agi, étranger aux mystères

De l'âme, corrompu, décadent,     

Oublieux du métal précieux

Dont il est fait mais qui pourtant

Survivra, boudé par les Dieux !

Mauvaise herbe l'humanité

qui résiste à tout, avec morgue

Quand l'être pur est condamné,

périssable. Fabuleux point d'orgue.


 

mardi 10 août 2021

Le bon, la brute et le truand ou le fils préféré !

 


Pour honorer le père
Sortir d'un même ventre
Aller au cimetière
S'avancer jusqu'au centre
D'une homérique arène
Faire un voyage au bout
Des lunes Leoniènes
Et saisir tout à coup
Qu'au-delà du western
Tout ici est choral
Eclairant nos lanternes
Sur le lien familial :
Trois frères ennemis
Sont contraints et forcés
A l'ultime défi
Lors d'une âpre veillée
Pour capter l'héritage.
Que faut-il en déduire ? 
Tout revient au plus sage,
Au préféré qui tire
Son épingle du jeu !
Limpide métaphore :
Abel et les envieux,
leurs fâcheries à mort.





 

 

samedi 7 août 2021

La mélodie du malheur


Oublieux nous autres qui tentions le diable ?

Dans les années futures, ces fourbes insouciances

Pourraient trahir ou pire, tuer notre confiance

La faute à ces excès aux écueils redoutables  


J'attends patiemment qu'advienne le réveil.

A mes abus déments qui chercheraient querelle :

"Je suis fin prêt, ferai front, face à vos séquelles

Dites-lui à la bombe en retard qui sommeille"


De l'anonyme célébrité du malheur

Dont l'horreur se dessine sous la morgue hautaine,

Lorsqu'il pousse, habile, son ricanement de hyène,

Nul ne prétendra connaître le jour ni l'heure !


Son rictus, des profondeurs abyssales, chemine

En feu d'artifices. Ses bulles d'air vicié

Ayant un sens aigu de la communauté,

Se mêlent au soupir de la brise marine.


Elles me chatouillent alors la voûte plantaire

Et sur moi referment un piège subtil.

Lorsqu'elles éclatent à la surface immobile

D'abord inoffensives puis par trop carnassières,


Mes poumons n'en finissent plus de s'embraser !

Car hélas il est trop tard, d'un air goguenard

Les charognards déjà poussent mon corbillard

C'est alors que je finis par réaliser.

Chère(s) muse(s)

Mes chères muses

Charmeuses, occultes,

Qui persifliez le soir venu,

M'avez-vous laissé choir

Vous amusant à filer en douce ? 

Comme envoûtées, indociles ! 

Me voilà nu, orphelin du culte,

Imbécile, sur ma faim.

Sans doute en vain redoutai-je

Cette fin en dents de scie,

Car enfin je sentis la déveine

M'élancer, me tancer...

Mais pourvu qu'elle vienne

Et m'ôte le goût de vivre

Ivre que je fus d'envie

Ivre que je suis de vous.

vendredi 6 août 2021

Le rap du mange mil


Lorsqu'au volant, je chauffe dans la noirceur

que je vois débouler ma toute dernière heure

La simple idée de mourir dans les cheveux noirs

Me donne la frousse, me file des cauchemars

Alors que sur le chemin de l'essencerie

Je combats la léthargie avec inertie

je sens mes paupières lourdes cogner des clous

Je n'ai alors plus les yeux en face des trous


Apparaît le mange-mil torchant ses reproches

Qui voudrait en finir avec ses maux de poche

Assoiffé du moindre petit blessé de guerre

De ces menus billets froissés qui camembèrent

Qui sentent le pied, exhalent une odeur forte

A faire tomber les peaux et les feuilles mortes.

Quand j'ai voulu virguler, il était trop tard,

J'étais à sa merci, pris à son traquenard.


Je vais me faire chicoter dans la rue des tournedos

Ce quartier où l'on tourne à l'avenue le dos

Quand chacun y vient chercher pitance le midi

Pour manger un poulet braisé pile-pili

Sa lampe inspecte mon "au revoir la France"

La bonne occasion arrivée par transhumance

J'attends le bon moment pour demander la route

Mais sa voix éclate, c'est tout ce que je redoute !


Je comprends à sa réflexion, "Y en a pour toi"

Que c'est une femme, et qu'elle s'enjaille de moi

Elle me voit déjà comme un deuxième bureau

Restons calme, ne pas monter sur mes grands chevaux

Elle me glisse son contact d'un geste discret

C'est bien ma veine, je n'aurai pas à faroter

Je motamote en réponse que "tout est vieux"   

Pour gagner du temps autant que faire se peut


Puis je lui dis la vérité, je suis moisi

Je suis foiré, j'ai le portefeuille rassis,

Pas le genre dribbleur, je suis quelqu'un d'honnête,

Si elle veut que je lui mouille la barbe c'est niet.

"Un billet de cinq francs ne cherche pas son frère"

Est la devise des nés face de cuillère

C'est pour que cela que je fréquente assidument

Mais elle reste interdite à mes arguments.


Je passe donc à l'offensive, séduis la dame

Et pour avoir la paix lui déclare ma flamme

"A brusquement, je serai chez vous dans une heure"

Elle répond émue que ça lui sucre le coeur.

Plus de doute. Elle tombe pour moi sans glisser

Mais je me vois mal partir dans quelques années

A la recherche d'une ou deux balles perdues

"On est ensemble" la chose est pour elle entendue


Elle a l'air tout à sa joie quand enfin je repars

De nous retrouver comme deux larrons en foire

Les yeux toujours rivés sur le rétroviseur

Je fouille patate avec un ziboulateur.

Elle aura été victime d'un coup d'Etat

je ne suis pas inquiet, elle rebondira

A mes enfants, ce sera le conte inventé

Pour les précipiter dans les bras de Morphée.  


Tutu

  -Dis, tu, tu m'écoutes, j'espère ? -Mais je ne suis pas ton toutou, j'aspire à ... - Miaaaaou. Relis tout steup à voix haute m...