7ème art. 7ème ciel. 7ème âge. 7ème oeil. 7ème continent. 7ème sens. 7ème jour. 7ème élément. 7ème étage après tout !
Nombre total de pages vues
lundi 24 janvier 2022
Opération Kamikaze
dimanche 23 janvier 2022
Ni Dieu
Un beau jour, débordant de remords ou prenant qui sait son rôle trop à cœur, voilà que mon prétendu Messie rentra incognito d’une mission et me fit la surprise puis la leçon découvrant mon pansement sur le haut du front. Je venais la veille de l’entailler profondément sur le coin du sommier en sautant du haut de mon armoire. Alors il souffla comme sur des braises encore vivaces le faux pour mieux m’asséner le vrai
-« As-tu cette confiance aveugle en ton vieux papa, fiston ? »
J’opinai de tout mon chef, bien trop à ma joie d’être à ses côtés, d’avoir toute son attention.
-« Si moi je t’ordonnais de sauter du haut de cette armoire, le ferais-tu ? »
Je fis non de la tête. C’est qu’elle était sacrément haute et que je venais d’en faire l’amère expérience.
-« S’il n’y a qu’un leçon à retenir dans la vie, c’est celle-ci Ramuntcho »
Puis il m’embrassa et je compris. Qu’il faut à la déférence opposer refus, à quiconque, Dieu le père compris ! En tout lieu, toute présence, toutes malheureuses circonstances. N’ayons rien contre l’aïeul, mais ne soyons ni dupe, ni d’aucune bannière, spirituelle ou même filiale. Je tiens cette leçon de mon père. Et j’y pense chaque fois que la cicatrice m’apparaît dans un miroir.
Tragédie de banlieue Ouest
D’ici à ce qu’on placarde « Mouroir » sur ma porte d’appartement, il n’y a qu’un pas. Au onzième étage. C’est ici que je dors. Mon épitaphe précédée d’un numéro. Rien ne décrit mieux ma traversée du sommeil que les entrailles de ce F3 qui culmine au dernier étage du dernier immeuble avant la forêt. Le numéro 60. Fermez les yeux l’espace d’un instant, imaginez que la civilisation s’arrête après, qu’il a toujours été la proue imaginaire d’un navire composé de ces 60 blocs uniformes. J’ai cru que ça m’aiderait quand le chômage est arrivé de me savoir tout en haut, retranché sur mes cimes, un cachot suspendu avec vue imprenable sur la forêt de Meudon. J’en ai alors gaspillé du temps à narguer cet océan de verdure arc-bouté sur la ligne d’horizon à perdre en lucidité ce que je gagnais en cholestérol. En de pareilles extrémités, il faut savoir s’extraire de soi-même, il faut pouvoir se regarder dans la glace ou dans le fonds des yeux, depuis le ciel ou un coin de plafond, pour y ausculter, y détailler le néo cinquantenaire éparpillé dans les canalisations de fin de vie en attente du traitement de choc quelque part entre la fosse entartrée et la cuvette bouchée. Prendre conscience qu’un truc est mort en vous est souvent la meilleure chose qui vous arrivera parce que l'enfer quand on ne se voit plus dépérir c’est soi-même. Les autres n’y sont pour rien. Depuis quelques secondes, le téléphone s’excite mais je ne répondrai pas ! Chaque nouvelle sonnerie en prenant son envol fait siens les accents graves d’une tragédie de banlieue ouest dont l’épilogue approche inexorablement. D’interminables râles Vélizyens se répercutant de mur en mur par vagues successives tout au long des 120 mètres carrés, jusqu’à la deuxième salle de bains, tout au fond de l’appartement, l’encombrante attraction, sorte de fête foraine envahie par les herbes folles, qui ne sert plus à rien ni personne depuis que les enfants devenus grands et leur mère ont fichu le camp. Les uns puis les autres. Bon débarras. Allez tous au diable. A mo tour de projeter des lambeaux hors de ma bouche, des phrases assassines, des questions sans réponses puis des réponses qui n’ont de sens que pour moi, j’y mêle aussi les accords déchirants de « Faites monter » qui recouvre et ma voix et celle du téléphone, pour enfin procéder comme dans les cales du navire en perdition. Fermer une à une les écoutilles après chaque nouvelle goulée de Suze, de Pastis pour éviter que l’éventuelle avarie n’enraye le processus en marche. Par la fenêtre que je viens d’ouvrir, jamais banlieue, ni son calme ni même sa géométrie glaçante ne m’ont autant rappelé les allées d’un cimetière. C’est alors que me voyant pendu à l’un des arbres nus qui bordent la saignée principale, je me sens comme libéré d’un poids et je ne m‘en penche que davantage jusqu’à m’asseoir sur le rebord comme sur une balançoire immobile. Je ferme les yeux. Je suis la grand-voile d’un navire à quai offert aux quatre vents de la ville qui exhale de ses entrailles un souffle indocile. Des effluves qui m’enveloppent en caressant mes jambes décharnées au-dessus d’un néant indicible et noir comme le fonds de l’océan. Je suis l’invertébré sur le point de sombrer, de me soumettre à des profondeurs que je ne peux encore qu’imaginer. Au soleil translucide je vais faire allégeance. J’affûte l’oraison, j’aiguise l’épitaphe comme une pierre à fusil, comme l’extrême soif. La lente intrusion de la lumière du jour pareille au vol paresseux du charmant vautour, seule, saura rendre son lustre d’antan à cette parade flétrie de vieux charlatan. Voilà qu’enfin le chant du coq résonne quelque part au-devant. S’élevant par-delà les cimes du lointain, par-delà les cheminées exhalant les premières odeurs du pain grillé, du café serré, les relents appétissants de la veillée, un passereau file dans le ciel déjà rougeâtre. S'élèvent des bois en pleine métamorphose traînées olfactives de semences printanières qui me sont toute chose. Je m'en vais mordre le soleil au cœur. Le regarder se soumettre. Lui déchiqueter la flamme de tout mon être. A l’effroyable boule de feu résister de mes plaies ouvertes, de mes chairs disloquées. Que l’astre me traverse et je serai là. Révélé par ce spectacle inouï d’éternité dont la beauté de l’instant fera tout oublier. Un gros type déjà mort tombant comme une châtaigne au lever du jour depuis le sommet du numéro 60, ça t’aura une de ces gueules.
C"était l'été
C'était l'été à Calais. Je me rappelle bien
Ce qu'ils disaient à la télé. Qu'il avait plu
Toute la journée sur l'île de Sumatra.
C'est arrivé pendant la messe de minuit
Du Coleman Hawkins s'échappait de la Bluebird
Echouée le long du trottoir, faiblement couvée
Par la lumière bleu électrique de l'abribus
Là-bas, au bout du passage des trois rats
Ceux-là même qui le grignotaient de l'intérieur
Jusqu'à l'os. Sa détresse, son alcool
Qu'il avait si mauvais n'arrangeaient rien
Elle était partie.
Le jour puis la tristesse ayant filé de concert,
Les douleurs muettes n'ayant plus d'importance
Alors bien sûr personne n'entendit le coup de feu.
Tutu
-Dis, tu, tu m'écoutes, j'espère ? -Mais je ne suis pas ton toutou, j'aspire à ... - Miaaaaou. Relis tout steup à voix haute m...
-
Monde insensé Mon dessein ? Emondeur De ses seins Sucrés Dessinés A la craie S'ancrer En Sue C'est sacré Ses secrets Echancrés Sans ...
-
L’éblouissement Du petit matin Suspendit le temps M’aspira sans fin Sous les arrondis du téléviseur, Témoin perverti De...
-
Ireki Begiak. Ouvre les yeux, tends l’oreille. Silence absolu. Pas l’ombre d’un murmure. Une foule immense s’écarte sur ton passage et ne ...
-
Plus j'y reviens plus j y suis. La maison ne change pas. Tout ce temps, elle m'attendait. Elle ressent nos présences, confusément, ...
-
Tout commence un mois de décembre, John est assassiné Ou plutôt ce mois de mai qui vit la mort de Bob Suivre ou précéder d'un cheveu l...
-
- « Qu’as-tu fait à la guerre Papa ? -« J’ai déchanté puis j’ai tué ! Kubrick défend le postulat Que rien ne saurait préparer Au caractère ...
-
Curieux. J'ai repensé à la machinerie complexe De la vie en marche, des responsabilités en jeu, Des générations se succédant de mère en ...
-
Soyons maîtres de nos âmes Mais à bord de quel vaisseau ? Nous autres Vassaux du jour Déjouons l'âpre piège De la semaine inachevée En r...
-
Qu'en dirait Dario ? Qu'il épousa l'aventure Afin d'éprouver l'idée Qu'on peut assurément Refuser le joug du ventre,...
-
Brian De Palma ne fut jamais aussi grand Qu’en vieillissant Tony, l'homme qui le fit Roi En l’inféodant aux saisons et...