Un beau jour, débordant de remords ou prenant qui sait son rôle trop à cœur, voilà que mon prétendu Messie rentra incognito d’une mission et me fit la surprise puis la leçon découvrant mon pansement sur le haut du front. Je venais la veille de l’entailler profondément sur le coin du sommier en sautant du haut de mon armoire. Alors il souffla comme sur des braises encore vivaces le faux pour mieux m’asséner le vrai
-« As-tu cette confiance aveugle en ton vieux papa, fiston ? »
J’opinai de tout mon chef, bien trop à ma joie d’être à ses côtés, d’avoir toute son attention.
-« Si moi je t’ordonnais de sauter du haut de cette armoire, le ferais-tu ? »
Je fis non de la tête. C’est qu’elle était sacrément haute et que je venais d’en faire l’amère expérience.
-« S’il n’y a qu’un leçon à retenir dans la vie, c’est celle-ci Ramuntcho »
Puis il m’embrassa et je compris. Qu’il faut à la déférence opposer refus, à quiconque, Dieu le père compris ! En tout lieu, toute présence, toutes malheureuses circonstances. N’ayons rien contre l’aïeul, mais ne soyons ni dupe, ni d’aucune bannière, spirituelle ou même filiale. Je tiens cette leçon de mon père. Et j’y pense chaque fois que la cicatrice m’apparaît dans un miroir.
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