Plus j'y reviens plus j y suis.
La maison ne change pas.
Tout ce temps, elle m'attendait.
Elle ressent nos présences, confusément,
Comme ces arbres qui n'ont pas bougé,
Comme ces faïences d'alors
Qui demeurent, exactes.
Je reviens d'Abidjan
Et m'arrête à Casa
M'assoupis à Rabat,
Sous un palmier de Kebibat.
Sur le sentier en pente douce
De toutes les enfances,
Et depuis ce rebord de fenêtre,
Face au mur de la caserne
Je m'accroche aux souvenirs
Y projette et devine l'ombre portée
De nos mues à l'oeuvre
Du chez soi vers le jamais plus
Adieu mes vers à soie !
Papa ne s'est pas retourné,
N'a pas fait demi-tour,
Moi, je n'ai rien oublié.
Au milieu coule encore
Ce ruisseau d'émoi
Dont je ne perds jamais le fil.
Depuis soi jusqu'à Moissac.
Tim , Goliath, Oda, Jenny, Black, Onyx
Vous gambadez en ce moment la truffe au vent,
Un sourire éternel sous vos moustaches humides...
Il ne tient qu'à nous
De retrouver ces moments,
De les laisser (re)vivre...
Soledad, Gilda, Maribel, Josiane
Quatre filles espiègles
Dans la rue de Périgueux
Silhouettes aussi fragiles
Qu'un instantané flou
D'une seconde folle,
D'une heure, d'un jour,
De 72 longues années.
Miracle que rien
Ne défait jamais.

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