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samedi 18 février 2023

Cocody, vers l'Ambassade du Brésil


Plus j'y reviens plus j y suis.

La maison ne change pas.

Tout ce temps, elle m'attendait.

Elle ressent nos présences, confusément, 

Comme ces arbres qui n'ont pas bougé,

Comme ces faïences d'alors

Qui demeurent, exactes.

Je reviens d'Abidjan

Et m'arrête à Casa

M'assoupis à Rabat,

Sous un palmier de Kebibat.

Sur le sentier en pente douce

De toutes les enfances,

Et depuis ce rebord de fenêtre,

Face au mur de la caserne

Je m'accroche aux souvenirs

Y projette et devine l'ombre portée

De nos mues à l'oeuvre

Du chez soi vers le jamais plus

Adieu mes vers à soie !

Papa ne s'est pas retourné,

N'a pas fait demi-tour,

Moi, je n'ai rien oublié.

Au milieu coule encore

Ce ruisseau d'émoi

Dont je ne perds jamais le fil.

Depuis soi jusqu'à Moissac.

Tim , Goliath, Oda, Jenny, Black, Onyx

Vous gambadez en ce moment la truffe au vent,

Un sourire éternel sous vos moustaches humides...

Il ne tient qu'à nous

De retrouver ces moments,

De les laisser (re)vivre...

Soledad, Gilda, Maribel, Josiane     

Quatre filles espiègles

Dans la rue de Périgueux  

Silhouettes aussi fragiles

Qu'un instantané flou

D'une seconde folle,

D'une heure, d'un jour,

De 72 longues années.

Miracle que rien

Ne défait jamais.

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