Lors de chaque naissance, la façon
Dont le mystère de la vie m'apparaît
Soulève une question fondamentale :
Soulève une question fondamentale :
L'amas joliment animé de cellules vivaces
S'éjectant comme d'une imprimante 3D
Est-il indépendant du moteur qui l'a fabriqué ?
Utilise-t-il les enveloppes corporelles,
les êtres vivants pour se maintenir
les êtres vivants pour se maintenir
"en vie", se survivre à lui-même ?
Autrement dit, ne sommes-nous que
des "véhicules", des transmetteurs ?
Autrement dit, ne sommes-nous que
des "véhicules", des transmetteurs ?
Le secret d'un chef-d'oeuvre
Se niche dans l'inconscient
Collectif sans qu'on sache
Vraiment ce qui nous y subjugue,
Nous y terrifie autant. Il y a
Bien sûr dans Alien l'idée géniale
D'un huis-clos spatial
D'une invisible menace
Qui pèse sur les personnages
Et le spectateur, Il y a
Cet univers puissamment singulier,
La navette aux allures de plate-forme
Pétrolière en perdition
Crée le sentiment d'une
Interminable gestation
En son ventre clos et humide.
La lenteur paradoxalement délectable
Du score de Jerry Goldsmith
Est donc intentionnelle
Mais l'idée fondamentale
Inconsciente, presqu'abstraite,
procède de la sexualisation
Du conflit à l'oeuvre
De la féminisation de l'horreur.
Avec d'un côté l'héroïne, Sigourney Weather,
Qui symboliquement porte et donne la vie.
Et un monstre de l'autre,
Qui campe cette vie changeante, protéiforme,
Entrant et sortant d'un corps
Quand bon lui semble et qui prolifère
Sans passer par les voies naturelles :
Avant de devenir l'Alien
Avec sa gueule de pistolet à essence
Le monstre est une chenille-papillon
Sorte d'araignée collante,
Obligeant des hommes
A une soumission totale et silencieuse,
Dans le respect d'un rite sacré :
Le cunilingus spatial qui seul
Permettra à la vie (contre nature) d'éclore
Dans leurs ventres stériles,
Provoquant au passage leurs morts.
On regarde alors Des utérus et des hommes.
Puis se précise le combat suprême :
la figure de la femme grande et forte,
garante de la sauvegarde de l'espèce
(elle est celle qui met au monde)
se dresse face à une forme de vie déviante.
Qui à certains égards s'incarne tout autant
dans le personnage du robot
Que dans celui de l'Alien.
L'affrontement devient lutte à mort
Pour sauver le genre humain...
Une idée développée dans Aliens
où Sigourney devenue mère
(la petite orpheline lui octroie ce statut)
Affronte une autre reine mère
dans un final hautement allégorique.
2 mères, 2 façons de mettre au monde,
de donner la vie, face à face.
C'est pourtant bien la mort
qu'elles s'apprêtent à se donner.
Voilà le secret d'un chef-d'oeuvre.
Quand The Descent évoque de façon souterraine
La guerre des sexes dans une société
Déboussolée, sans repères,
Alien ne traite en filigrane que d'un sujet :
La survie de l'espèce entre les mains
Pas si fragiles d'une femme.
Inoubliable Alien dont l'affiche originelle
- cet oeuf, la vie - prend tout son sens.

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