A Casa, le soir, une porte s'entrouvrait
Au confins du quartier Palmiers
Un courant d'air, pensai-je alors
"C'est Jules, Jules Berry qui nous rend visite"
murmurait-il dans un souffle.
L'or brûlant de sa voix,
Bonté divine de son regard
Car Gérard aimait
Par dessus tout
La gouaille et le rire
De Suhescun à Cocody
Gérard aimant
Son Euskal Herria
De Christopher Lee à Marcel Carné
J'ai rarement dit cela,
Décelant, retenant après tout
Le noir, l'intense
de ses yeux de Jais
"Rubis Man"
Facétieux, bon,
Et puis fidèle
Et même fiable
Il était tout cela
Mon beau chêne centenaire de Galharria
Sous lequel je m'abrite en pensée
Pour ressentir
Tous ces "je t'aime"
Rassemblés en mêlée
Dans un seul homme.
Car de l'amour, il reçut, trop peut-être :
Visité le soir de sa naissance
Comme le petit Jésus blessé
Se mourant dans sa crèche
Geais tombé du nid, sauvé par maman
Gaga de ce portrait craché,
Emprisonnant malgré elle
Son enfant prodigue
Dans le paradis artificiel
De son regard maternel,
Gérard, projection d'Augustine
Mais dans quel but ?
Réussir pour elle ? Par procuration ?
Ne joue-t-on pas la réussite en solitaire
Ornée de pierres précieuses de Madagascar ?
Comment disais-tu pour finir ?
"Vous danserez sur moi
Le soir de mes funérailles..."
Comme tu avais raison
"J'aurais aimé qu'on le respecte plus"
Cette phrase de ta petite fille aînée résonne.
Mais je te porte à présent, Papa,
Comme elles nous porteront,
Pour que bout à bout, nos vies ne soient
Qu'un seul et même feu d'artifices !
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