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jeudi 25 novembre 2021

J'ai rarement...


A Casa, le soir, une porte s'entrouvrait

Au confins du quartier Palmiers

Un courant d'air, pensai-je alors

"C'est Jules, Jules Berry qui nous rend visite"

murmurait-il dans un souffle.

L'or brûlant de sa voix,

Bonté divine de son regard

Car Gérard aimait

Par dessus tout

La gouaille et le rire

De Suhescun à Cocody

Gérard aimant

Son Euskal Herria

De Christopher Lee à Marcel Carné

J'ai rarement dit cela,

Décelant, retenant après tout

Le noir, l'intense

de ses yeux de Jais

"Rubis Man"

Facétieux, bon,

Et puis fidèle

Et même fiable

Il était tout cela

Mon beau chêne centenaire de Galharria

Sous lequel je m'abrite en pensée

Pour ressentir 

Tous ces "je t'aime"

Rassemblés en mêlée  

Dans un seul homme.

Car de l'amour, il reçut, trop peut-être :

Visité le soir de sa naissance

Comme le petit Jésus blessé

Se mourant dans sa crèche 

Geais tombé du nid, sauvé par maman

Gaga de ce portrait craché,

Emprisonnant malgré elle

Son enfant prodigue 

Dans le paradis artificiel 

De son regard maternel,

Gérard, projection d'Augustine

Mais dans quel but ?

Réussir pour elle ? Par procuration ?

Ne joue-t-on pas la réussite en solitaire

Ornée de pierres précieuses de Madagascar ?

Comment disais-tu pour finir ?

"Vous danserez sur moi

Le soir de mes funérailles..."

Comme tu avais raison 

"J'aurais aimé qu'on le respecte plus"

Cette phrase de ta petite fille aînée résonne.

Mais je te porte à présent, Papa,

Comme elles nous porteront,

Pour que bout à bout, nos vies ne soient

Qu'un seul et même feu d'artifices !



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