Nombre total de pages vues

lundi 5 juillet 2021

Doualeur. L'esprit de Galharria

J'en avais rêvé.

De sentir la moiteur, la saleté, la suie sur mes joues, d'avoir les yeux qui piquent et pleurent, enfumés par les vapeurs d'essence, le brouillard des échappements, assourdi par le vacarme des acouphènes stridents s'échappant des klaxons de motos Sanili comme empilées aux abords d'un carrefour où les règles sont définies par le plus aventureux.

De suer à l'arrière de ce taxi, d'y perdre les eaux du corps, écrasé de la chaleur du bord de mer, un horizon lourd et bouché par l'enchevêtrement des serpents noirs semblant monter la garde aux sommets des poteaux électriques fléchissant sous leur poids, saisi par l'odeur des dessous de la ville remontant à la faveur d'une averse brûlante et soudaine jusqu'à vos narines laissant imaginer le pire de ce qui se joue là dessous pendant que des nuées de bestioles s'abîment contre les ampoules des lampadaires et leurs lumières vacillantes n'éclairant la ville que par endroits, que par moments.

De manger le maïs et la prune, le poulet, la sole. Braisés oh. Les Bobolos et le piment, les soyas dans le kankan, Les ananas frais, la mangue, le plantain mûr. 

De retrouver la famille réunie pendant une saison des pluies pour une bonne raison dans la maison tranquille de Makepe, trop petite, mais qui résonne mieux ainsi des cris joyeux des enfants. La grande famille sachant célébrer les vrais moments de retrouvailles quand d'autres ailleurs se photographient seuls sur un ponton devant une eau turquoise le temps d'un congé payé pour "se remettre". Tout seul. Quelque part. Entre soi. Le temps d'une réparation.    

Où bat la vie ?

Où est le purgatoire ?

Mon père me racontait avant l'exode rural de la deuxième moitié du 20ème siècle comment ses plus belles vacances avaient été celles de chaque été à Galharria dans la ferme familiale près de Larceveau / Cibits avec tous les cousins et la famille du côté de sa maman.

Cet esprit vit toujours ailleurs.  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Tutu

  -Dis, tu, tu m'écoutes, j'espère ? -Mais je ne suis pas ton toutou, j'aspire à ... - Miaaaaou. Relis tout steup à voix haute m...