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jeudi 29 octobre 2020

Oraison Kamikaze


J’attends sereinement tout au bout de la nuit
Au sommet de ma tour le fin mot de la vie
Grand échalas sur le point d’être désossé
Je suis la grand-voile d’un navire à quai
Offert et soumis aux quatre vents de la ville
Qui exhale de ses entrailles un souffle indocile
Comme les émanations d’un ventre brûlant
Des effluves qui m’enveloppent en caressant
Mes jambes décharnées au-dessus d’un néant
Indicible et noir comme le fonds de l’océan.
Des profondeurs que je ne peux qu’imaginer.
Je suis l’invertébré sur le point de sombrer
Présentable, affutée purifiée, ma conscience
Au soleil translucide y faisant allégeance
Affûte l’oraison, aiguise l’épitaphe
Comme la pierre à fusil ou l’extrême soif

 

Aux prémices de l’aube le couperet va tomber

Dès le premier rayon, je vais m’abandonner

 

Chaque nouvelle aube recréant l’illusion
Que le jour ne serait qu'un mur d’aberration
Renforçant l’aura glauque de la cité béante
Engluée de sinistres visions qui me hantent.
La lente intrusion de la lumière du jour
Pareille au vol paresseux du charmant vautour
Seule saura rendre son lustre d’antan
A cette parade flétrie de vieux charlatan.
Lascive et provocante, en taille et en couleur
L’aube attentera clairement à ma pudeur.
Les secondes filent et tissent habilement le décor
Du cocon originel de mon âge d’or
Dont chaque zone d’ombre est tâche de naissance
Qui fait tristement écho à ma douce enfance.
Moi qui ne l’ai jamais rêvé que tendrement
Voilà le chant du coq quelque part au-devant

 

Moiteur suffocante d’une serre tropicale
Où toute vie étend son règne abyssal

 

S’élevant par-delà les cimes du lointain
Des cheminées exhalant du petit matin
Les odeurs du pain grillé, du café serré
Et les relents appétissants de la veillée
Un passereau file dans le ciel rougeâtre.
Les feuilles de l’hiver se consument dans l’âtre
Face à la forêt qui s’étend à l’infini
Il s’est enfin hâté le printemps étourdi.
S'élèvent des bois en pleine métamorphose
Traînées de semences qui me sont toute chose
Alors qu’un rai de lumière arrive de l’est
Et caressera bientôt mes chevilles lestes.
Va-t-on s’entredévorer ? Je ferme les yeux
Qu’est-ce qui saurait expliquer cette mise à feu
La combustion spontanée qui va s'élancer
Vers le ciel. Avec des séquelles. Ô je le sais

 

Le combat se perdrait pendant l’hymne enjôleur
Perché sur le toit quand guerrière est l’humeur
 
Que m’inspire donc la frayeur de l’inconnu ?
Je m'en vais tordre le cou aux idées reçues
Mordre le soleil au cœur. Le regarder se soumettre
Lui déchiqueter la flamme de tout mon être
A l’effroyable boule de feu résister
De mes plaies ouvertes, de mes chairs disloquées
Que l’astre me traverse et je serai là
Qu’il m’enveloppe et je poursuivrai le combat
Après tout, je serai révélé par l’idée
Qu’on m'aura menti toutes ces longues années.
Contemplant ce spectacle inouï d’éternité
Je verserai ma larme avant de murmurer
« Que cette aurore vaudra commencement
Celui de me savoir encore et bien vivant
J’en prends acte, fais table rase de mon passé
La beauté de l’instant fera tout oublier »

 

Mise à mort rembobinée par les corrompus

Pour effacer l’âge qu’on n’aura bientôt plus

 

Pour les vampires les légendes sont cruelles

Car ici point jamais d’êtres surnaturels

Famille comme vous et moi de gens ignorants

Repliés sur eux-mêmes depuis la nuit des temps

Par le mensonge du sang des vies avilies

Ayant payé de l’obscurité le prix

Certes des criminels mais victimes impuissantes

De la pire des méprises, la plus infamante :

 

On leur cache depuis toujours la vérité

Leur appartenance à la belle humanité

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