Ca dressait le tableau, mettait la chair de poule
La sirène hurlant toujours à la fin des cours
Le cri d’une éviscérée à vous rendre sourd
C’était aussi le signal pour trier la foule
Dispersion de la population carcérale
Secrète application d’ordre ou de loi martiale.
Dispersion de la population carcérale
Secrète application d’ordre ou de loi martiale.
Chacun retournait après les cours au formol
De son chez soi pour les câlins et le goûter
Ne traînant jamais une fois la nuit tombée.
Nous, internes, restions dans l’enceinte de l’école
Tristes figurants d’un film de Christopher Lee
Semblables au vol de noires chauves-souris
De son chez soi pour les câlins et le goûter
Ne traînant jamais une fois la nuit tombée.
Nous, internes, restions dans l’enceinte de l’école
Tristes figurants d’un film de Christopher Lee
Semblables au vol de noires chauves-souris
L’internat n’attirait pas que les moins douillets
Ses dangers sous la surface, le monstre invisible
C’était son monde souterrain qui fascinait
Ses bas instincts et autres postures risibles
Failles révélées de l’incorrigible humain
Du pire à venir pour les hommes de demain
Ses dangers sous la surface, le monstre invisible
C’était son monde souterrain qui fascinait
Ses bas instincts et autres postures risibles
Failles révélées de l’incorrigible humain
Du pire à venir pour les hommes de demain
C’est tout au bout de ce gris et long couloir
Que se muraient les âmes piégées d’un purgatoire
Un long corridor parsemé de cauchemars
D’infâmes cloaques pareils à des mangeoires
Isolés par des rideaux aux tringles usées
Cache-misère d’inavouables secrets.
Que se muraient les âmes piégées d’un purgatoire
Un long corridor parsemé de cauchemars
D’infâmes cloaques pareils à des mangeoires
Isolés par des rideaux aux tringles usées
Cache-misère d’inavouables secrets.
Puis venait la guerre et son lot de meurtrissures
Dans l’abattoir où le crime est toujours à l’heure
Des immuables lois présidant à l’horreur
Faisant pactiser la cruauté, l’imposture
Juste avant minuit pour y sacrer le plus fort
Et célébrer à tout jamais le matamore.
Dans l’abattoir où le crime est toujours à l’heure
Des immuables lois présidant à l’horreur
Faisant pactiser la cruauté, l’imposture
Juste avant minuit pour y sacrer le plus fort
Et célébrer à tout jamais le matamore.
Quand le souffre-douleur manie l’évitement
L’art subtil de la parade ou de l’enfumage
Où tous les moyens sont bons pour fuir le carnage
Les bourreaux torturent avec acharnement
Livrant à toutes les formes d’humiliation
Ce que nous fumes : des cibles de prédilection.
L’art subtil de la parade ou de l’enfumage
Où tous les moyens sont bons pour fuir le carnage
Les bourreaux torturent avec acharnement
Livrant à toutes les formes d’humiliation
Ce que nous fumes : des cibles de prédilection.
L’intuition ne me permit pas d’anticiper
D’élaborer des réponses appropriées
Au bizutage dont l’odeur était arrivée
Jusqu’à mes narines insensibilisées
Par le froid sec sans que je puisse soupçonner
Que si brutalement le sort en fut scellé :
D’élaborer des réponses appropriées
Au bizutage dont l’odeur était arrivée
Jusqu’à mes narines insensibilisées
Par le froid sec sans que je puisse soupçonner
Que si brutalement le sort en fut scellé :
Sorti de mon sommeil en plein cœur de la nuit
Le rituel, selon ses règles fut administré,
Injuste, impromptu, déséquilibré,
Par une dizaine d’assaillants aguerris
Qui me traînèrent déchaînés jusqu’à la douche
Où naquit l’âpre goût de mon sang dans la bouche.
Le chaos qui suivit laissa chacun sans voix
Car de cette obstination, de l’injustice ressentie
Résulta le geste d’abandon, de dépit
Conduisant à m’entailler profondément l’avant-bras
Ainsi, les tranchées me devinrent familières :
De ma chair tendre et faible d’où jaillissait
De sang jeune et chaud l’incontrôlable jeiser
Naquit la plaie béante sur la baie vitrée
Le rituel, selon ses règles fut administré,
Injuste, impromptu, déséquilibré,
Par une dizaine d’assaillants aguerris
Qui me traînèrent déchaînés jusqu’à la douche
Où naquit l’âpre goût de mon sang dans la bouche.
Car de cette obstination, de l’injustice ressentie
Résulta le geste d’abandon, de dépit
Conduisant à m’entailler profondément l’avant-bras
Ainsi, les tranchées me devinrent familières :
De ma chair tendre et faible d’où jaillissait
De sang jeune et chaud l’incontrôlable jeiser
Naquit la plaie béante sur la baie vitrée
La cicatrice est parfois chemin de salut
Le tatouage pour entrer dans un nouvel âge
Trêve des braves par le rite de passage
Devenant la voie rédemptrice inattendue
Pour étancher toute soif de reconnaissance
Il faut se nimber de mystères frelatés
Qui vous achètent respect et tranquillité
Taisent la souffrance, font reines les apparences
Au héros balafré il manquait le costume
Pour être ton sur ton, pour être à la bonne heure
Je couvris mes murs d'affiches de films d'horreur
Habillai mon box d’un maquillage posthume
Et la famille devint celle qu’on se fabrique
Soudée comme les disparus de Saint-Agil
Par le ciment frais de la loi du plus fragile
Pour accoucher d’un grand récit mythologique
Le tatouage pour entrer dans un nouvel âge
Trêve des braves par le rite de passage
Devenant la voie rédemptrice inattendue
Pour étancher toute soif de reconnaissance
Il faut se nimber de mystères frelatés
Qui vous achètent respect et tranquillité
Taisent la souffrance, font reines les apparences
Au héros balafré il manquait le costume
Pour être ton sur ton, pour être à la bonne heure
Je couvris mes murs d'affiches de films d'horreur
Habillai mon box d’un maquillage posthume
Et la famille devint celle qu’on se fabrique
Soudée comme les disparus de Saint-Agil
Par le ciment frais de la loi du plus fragile
Pour accoucher d’un grand récit mythologique

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