Grande douleur ne meurt jamais, même en pensée.
Mécanique intime d’une peur indicible,
Chaque pluie de réveillon giflant le pavé
D’amers souvenirs est le moteur invisible
Je me saoule au vent quand mon deux roues freine en vain
Bercé du songe d’un coin de feu qui déboule
De visions de marrons dans l‘âtre qui refoule
La faucheuse me traverse en un coup de rein
Lumière réfractée sur le pavé glissant
Buée dans le casque me laissent deviner
Au-delà de mes doigts humides et gelés
Le crissement des pneus sectionnant mes tympans.
Comme un corps possédé
Noël au crépuscule
Il faut que sang circule
Au coeur de la cité
J’ai rouvrant les yeux contre la joue ma semelle
Car de la plaie cisaillée comme un précipice
Résonnent les affres qui mettent au supplice
Et dont je sens venir les futures séquelles
Se détachant sur le gris menaçant du ciel
Scintille à travers les gouttes miraculeuses
De grands sapins les décorations cotonneuses
Comme en escadrille des nuées de prunelles
Foule compacte de visages horrifiés
Cortège de voix caverneuses enlacées
J’ai le cœur tiède et la visière fendue
Avec cette réflexion le temps comme suspendu
"Il faut que je vous laisse, je vais être en retard"
Panache pour tromper la peur ou le brouillard
Je lâche enfin ma croix, jamais sans la manière
Alors que de chagrin je ferme les paupières

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