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dimanche 26 avril 2020

Pour Dario Argento et tous les oiseaux de nuit, plumage de cristal ou non...



A l’heure sinistre et creuse, entre chien et loup,
L’asphalte ruisselant juste après la pluie
D’un soir de canicule, de ceux qui rendent fous
Est le lieu rêvé pour le Giallo des Gialli

Deux esprits divaguent dans l’impasse aux mirages
Sous la faible lueur d’un vieux réverbère
Qui projette, désunie, l’ombre des feuillages :
De vils mots à couvert s’y déclarent la guerre

Sous leurs crânes en feu, agricole est le rhum
Pendant qu’au coin des lèvres, l‘amorphe cigarette
Pour chavirer les sens, pour ensauvager l’homme
Songe à s’embraser contre la flamme violette

Le déclic du briquet lâche son cri trompeur 
Distraie l'attention, une lame alors surgit
De mille obscurités, provoquant la stupeur,
Tandis que l'acier pénètre un coeur assombri

L’être échoue, râle et sang mêlés, sur le bitume
L’éclat vif se survit dans son œil déjà mort
Tandis qu'il s'est ouvert comme un livre posthume
Près du mégot fumant. Toute la ville dort.


"Je ne rêve donc pas ! Chères ténèbres Cannoises, vous daigneriez accueillir en votre Opéra frissonnant le héros suspirien, véritable phénomène traumatique, de nos jeunesses de cristal ? Que vos fauteuils de velours gris lui soient aussi doux que le plus soyeux des plumages. Sinon vous aimez Hitchcock ?"

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